Qui se souvient d’Edward Joseph Snowden, cet informaticien hors pair ? Ancien employé des services de sécurité américains, il a mis à mal toute la diplomatie mondiale des Etats-Unis en révélant au monde entier les détails des fonctionnement des programmes de surveillance de masse américaines et même concernant des chefs d’Etat de plusieurs pays. Devant le ton laconique de principe des juridictions malgaches, soumis au sacro-principe du secret de l’instruction, certains observateurs, à tort ou à raison, en arrivent jusqu’à subodorer dans l’affaire Lylison Roland de Réné des aspects qui n’ont rien à voir avec la version officielle.

Pour quelques analystes très bien informés sur les attributions, les rôles et les facilités d’accès de ce colonel de la Gendarmerie nationale dans les secrets des dieux avant, pendant et après la Transition, son cas rappelle plus ou moins celui du fugitif américain inculpé par le gouvernement de son pays sous les chefs d’accusation d’espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux.   On en veut à Snowden d’avoir rendu publiques par l’intermédiaire des médias des informations classées top-secrètes. Les thèses émises par une partie de l’opinion relèvent pour le moment du domaine des pures suppositions. Il ne faut pas oublier que, de par ses fréquentations professionnelles, le colonel Lylison ne pouvait être qu’au courant des mauvais agissements, des compromissions de bon nombre de personnalités de très hauts rangs, depuis qu’il fréquente la cour des grands.

Souvenons-nous de toutes ces incartades de l’entourage d’Andry Rajoelina sans exception et ils sont plusieurs actuellement à occuper des charges étatiques autour du président Hery Rajaonarimampianina. Un Officier de Police Judiciaire de son rang ne pouvait ignorer les obscures activités de tous ces trafiquants d’or, de ressources minières, de bois de rose et des parrains qui les protégeaient dans les allées du pouvoir. Comment nous faire croire que ce haut responsable du F.I.S ( Force d’Intervention Spéciale) ne serait pas au courant des compromissions de ces barons mêlés à l’escamotage d’un convoi de billets de banque d’une valeur de plusieurs milliards) en provenance de Toamasina qui disparaît comme par enchantement à l’entrée de la capitale ?

En toute logique, le colonel Lylison doit être au parfum de ces activités occultes qui consistaient à subtiliser des milliards du Trésor public par les facturations abusives des surfacturations au profit des proches du premier cercle. Ne pas oublier que la solidarité de corps aidant, il serait sûrement bien renseigné par les fuites et indiscrétions de ses collègues encore en service dans quelques postes stratégiques. Seulement, lié par respect du secret professionnel, il ne pouvait jusqu’ici que se taire… Quoi qu’il en soit, il était trop bien informé sur une foule de petits et grands secrets qui pourraient devenir hautement compromettant pour tels ou tels personnages en place une fois livrés au public. Si bien qu’en se drapant de la toge de sénateur actuellement, un gendarme avec toutes les compétences qui vont avec, devient un élément dangereux pour un régime qui a des choses à cacher et aussi des cadavres (au sens figuré) dans les placards.

Quelque part donc, il semble bien qu’on chercherait (le conditionnel est de rigueur) à faire taire un homme qui prend de plus en plus d’importance sur l’échiquier politique national. Comme Edward Joseph Snowden «seul objectif est de dire au public ce qui est fait en son nom et ce qui est fait contre lui. » Dans lequel cas, il est un homme dangereux. Donc, à éliminer. Par voie judiciaire pour le moment…

Jaona Rabia