La croissance économique est ainsi restée modeste (3.2 %), à son rythme de 2014 et loin des performances d’avant la crise mondiale (5.7 % sur la période 2005-08) et de la croissance moyenne de l’Afrique subsaharienne (estimée à 5 %).

L’un des principaux moteurs de la croissance économique demeure le secteur secondaire (zones franches industrielles, agro-industrie, industries du bois et métallurgiques, etc.) avec une croissance en baisse de 4.1 % en 2015 (mais contre 8.5 % l’année précédente). La branche des zones franches industrielles a connu une croissance de 7.1 %. Quant aux industries extractives, dans le contexte mondial de baisse des cours des matières premières, leur contribution en valeur a reculé, avec un taux de croissance sectoriel de 3.3 % contre 25.9 % en 2014.

Plus, et selon les données de Perspectives économiques en Afrique 2016, il est indiqué, surtout, que la croissance globale du pays a été aussi tirée par le secteur tertiaire qui a enregistré une progression de 4.2 % grâce au dynamisme des banques et des assurances, des NTIC et du BTP lié à la reprise des grands travaux sur financement extérieur. Suite aux inondations dans le nord de l’île et à la sécheresse dans le sud, l’agriculture en revanche a affiché une croissance très modeste de 0.7 %, une contreperformance pour ce secteur-clé pour la réduction de la pauvreté rurale.

L’inflation a été contenue à 7.9 % en 2015, en dessous de la barre des 10 % mais à son niveau le plus élevé depuis 2011. Le déficit budgétaire s’est creusé pour représenter 4.6 % du PIB, contre 2.3 % en 2014. Le déficit du compte courant s’est également détérioré, passant de 0.2 % du PIB en 2014 à 2.3 % en 2015.

La faiblesse de la croissance, les problèmes de gouvernance et le manque d’investissements conséquents dans les secteurs sociaux ont entraîné une détérioration des conditions de vie de la population, avec un taux élevé de pauvreté et de fortes inégalités régionales. La stabilité macroéconomique reste donc fragile. Par ailleurs, la situation d’insécurité alimentaire demeure préoccupante. Dans ce contexte, le niveau de développement humain est resté faible. Avec un IDH de 0.510, le pays se classe au 154e rang du classement des Nations Unies. Parallèlement, la résilience du pays aux chocs extérieurs s’est affaiblie.

Sur le plan de la demande intérieure, malgré des évolutions politiques positives et la reprise de l’aide extérieure, l’investissement global, principal moteur de la croissance, n’a augmenté que d’un point, passant de 15.6 % du PIB en 2014 à 16.6 % en 2015. Cette hausse a été induite principalement par l’investissement public, grâce à la reprise des projets sur financement extérieurs, tandis que la contribution de l’investissement privé reste modeste, en raison, notamment, de l’aboutissement accompli des grands projets miniers et de la détérioration continue de l’environnement des affaires. La consommation totale, principal moteur de la demande intérieure, a enregistré une baisse de deux points, passant de 88.7 % du PIB en 2014 à 86.7 % en 2015. La consommation privée reste plus dynamique que la consommation publique, cette dernière étant contrainte par la faiblesse des recettes fiscales et des retards dans les décaissements de l’aide publique au développement (APD).

La croissance économique, selon les mêmes informations, devrait s’améliorer pour atteindre 4 % en 2016 puis 4.5 % en 2017, permettant ainsi une réduction progressive de la pauvreté et du chômage, sous l’effet conjugué des progrès attendus de la gouvernance et d’une relance des investissements publics et privés dans le cadre de la Conférence des bailleurs, ainsi que du dynamisme espéré de l’agriculture, des zones franches industrielles, des NTIC, des transports, du tourisme et du BTP.

Un tel niveau de croissance devrait contribuer à réduire la pauvreté et le chômage, sous l’effet conjugué d’un meilleur environnement politique (il reste fragile), de progrès dans les réformes macroéconomiques et de gouvernance, ainsi que de la hausse des investissements publics et privés attendue pour financer les projets d’infrastructures routières et agricoles. Le secteur tertiaire, avec le BTP et les transports, devrait être la locomotive de la croissance en 2016 et 2017, devant le secteur secondaire lui-même tiré par les zones franches industrielles, les industries extractives, les industries métallurgiques et l’agro-industrie. Pour sa part, l’agriculture devrait retrouver son niveau de croissance de 3 % d’avant les intempéries de 2015.