La vie est dure. Pour s’en sortir, certains de nos compatriotes volent, escroquent, se prostituent ou se livrent à des faux et usages de faux. D’autres se livrent à l’usure. Ce phénomène ne cesse de s’étendre avec l’inflation galopante qui rogne des revenus déjà faibles. On ne compte plus les ménages et les particuliers qui sont les proies des usuriers. Les méthodes de ces derniers sont simples et ne datent pas d’aujourd’hui. Ils prêtent de l’argent en appliquant des taux d’intérêts exorbitants. Ces taux varient de 5% à 25% par mois, ce qui équivaut à 60% à 300% ! Sur le plan pénal, cela correspond au délit d’usure. Au niveau civil, c’est de l’enrichissement illicite. Certains usuriers vont jusqu’à exiger des gages qui excèdent le montant du prêt et qu’ils saisissent dès que celui-ci n’est pas honoré à l’échéance. Les usuriers savent que les contrats sont léonins, c’est-à-dire abusifs et entachés de nullités, alors ils s’arrangent pour ne pas faire apparaître le taux d’intérêt appliqué. Bien souvent, l’emprunteur accepte toutes les conditions car, pris à la gorge, il est en position de faiblesse économique et de détresse morale. Les victimes croient toujours qu’elles pourront rembourser les échéances convenues dans les délais impartis mais elles sont rattrapées par le cumul des intérêts composés qui les empêche de sortir de l’engrenage. Des solutions existent car il ne faut pas se résigner à considérer l’usure comme un mal nécessaire. Tout d’abord, il faut dénoncer sans relâche et publier les noms de ces usuriers sans scrupules qui se croient tout permis, surtout lorsqu’ils sont en mesure de corrompre policiers, gendarmes et magistrats. Il faudrait commencer par interdire les annonces publiées dans certains quotidiens. Ensuite, il faut favoriser le microcrédit. Un financement encadré, accessible et facile à mettre en place permettra à de nombreux ménages et particuliers d’avoir des activités génératrices de revenus et d’échapper aux griffes des usuriers.
M. GASPARD
