Notre gros titre, hier, était « C’est la guerre ! », entre, évidemment, Mamy Ravatomanga et Hery Rajaonarimampianina.

Un titre qui résume assez bien le malheur qui attend le pays. Tout semble, en effet, être réuni pour des affrontements violents, sinon sanglants, entre les fractions politiques. C’est, en fait, la première fois depuis que la République existe dans ce pays, que les tensions sociales et politiques peuvent dégénérer rapidement…  

Autrement dit, une guerre civile hante et menace sérieusement Madagascar. Récemment, une partie de la presse locale y contribue grandement. C’est la liberté d’expression version Rajaonarimampianina. Ainsi, des titres provocateurs, racoleurs qui ressemblent à des appels au lynchage, voire au meurtre, contre des leaders de l’opposition, sont publiés quotidiennement. Sans parler des perquisitions au domicile d’un sénateur connu ou d’un confrère de Radio Antsiva. Que dire encore de ces menaces de mort à l’endroit des opposants issus des provinces... On n’est également pas loin d’une guerre ethnique.

On ne sait vraiment pas ce que veulent ces gens qui interpellent les élus de l’opposition et les meneurs de grève. Leur objectif, serait, dit-on, de rappeler à l’ordre ceux qui ne suivent pas la ligne politique du régime. Des journalistes sont aussi menacés afin qu’ils cessent de critiquer Hery Rajaonarimampianina et consorts. Sinon, les autorités entreprendront, dès aujourd’hui (samedi 28 mai), selon nos informations, une série d’interpellations, une série de perquisitions. Il faut dire que tout cela ne va pas calmer les esprits. Bien au contraire.

Quoi qu’il en soit, l’Union africaine, en date du 21 mai 2016, a déjà alerté l’opinion internationale quant à l’avènement d’une nouvelle crise politique à Madagascar. « Cependant, souligne cette organisation, les dirigeants malgaches doivent être à l’écoute de la population et d’être en mesure de trouver des solutions adéquates à leurs problèmes… » (sic).

Sans une initiative crédible, destinée à aplanir les différends entre l’opposition et Iavoloha, il faut s’attendre à une aggravation de la situation. Dans l’histoire récente de Madagascar, les mois de mai et juin sont généralement propices à des agitations socio-politiques. A Hery Rajaonarimampianina, donc, de prendre les décisions, les mesures qui s’imposent. Et sans tarder, SVP !

Franck Raharison