Le secteur financier malgache est peu diversifié et développé. Au 31 décembre 2014, il comptait onze banques, toutes filiales de banques étrangères, cinq établissements financiers et 31 institutions de microfinance (IMF).
Plus rapporte Perspectives économiques en Afrique 2016, le pays ne dispose pas de marché boursier, ni de marché à terme d’instruments financiers. Le taux de bancarisation est faible : seulement 6 % de la population disposent de comptes bancaires. La majorité des Malgaches s’orientent donc vers les
IMF dont les interventions sont encadrées par la Stratégie nationale de finance inclusive (SNFI) 2013-17. Le taux de pénétration des IMF est passé de 22.69 % de la population en 2012 à 28.1 % en 2014, et le nombre de clients a augmenté de 30.8 % entre 2012 et 2014.
La santé du système financier malgache apparaît globalement stable. Selon le rapport du FMI en 2015, les fonds propres par rapport aux actifs pondérés par les risques étaient de 13.5 % au 30 juin 2015, contre 13.3 % six mois plus tôt. La proportion des créances douteuses par rapport au total des prêts s’élevait à 11.5 % à la même date, un pourcentage modéré, contre 12 % fin 2014. Le secteur apparaissait par ailleurs relativement liquide. Le total des dépôts de la clientèle représentait 151.5 % du total des prêts fin juin 2015, contre 145.8 % six mois plus tôt.
Les banques malgaches sont également en situation de surliquidité. Selon la Banque centrale, la trésorerie représentait 43.6 % du total des actifs des banques et établissements financiers fin 2013, et 42.7 % fin juin 2014. Malgré cette surliquidité, la mobilisation des financements à long terme demeure difficile en raison de l’extrême prudence des banques dans un contexte de risque élevé. Ainsi, les crédits à moyen et long terme ne représentaient que 43 % des crédits à l’économie fin septembre 2014, le même niveau que fin 2013.Le secteur financier non bancaire malgache est également peu développé. Le marché de l’assurance ne compte que cinq compagnies d’assurance, dont deux entreprises publiques contrôlant l’essentiel du marché. Les différents régimes de pension et les plans d’épargne pour le troisième âge ne concernent que les travailleurs du secteur formel (soit moins de 10 % de la population), laissant de côté la plupart des travailleurs du secteur informel.
En termes de perspectives, les autorités se sont engagées, dans le cadre de la Facilité de crédit rapide (FCR) du FMI, à poursuivre la réforme du secteur financier et à mettre en place les bases de développement d’un marché financier, à améliorer la supervision du système bancaire et la réglementation financière, et à reformer et renforcer le contrôle du secteur de la microfinance.