En synthétisant les actualités qui se sont succédées pendant ce mois de mai dans les journaux et les groupements audiovisuels d’Antananarivo, il peut être affirmé sans même besoin d’analyse que ce mois a été particulièrement éprouvant pour les différentes strates de la population. L’on compte en effet une dizaine, voire plus, de grèves et menaces de grève dans différents secteurs d’activités tous liés à la vie sociale des habitants. Pour ne citer que des exemples, on peut commencer par la population elle-même : les grognes face aux constructions routières en vue du Sommet de la Francophonie qui éliminent une bonne partie des habitations sur cette trajectoire, la persécution interminable entre policiers et marchands ambulants qui a été marquée par des coups de feu ces derniers temps. Ensuite, il y a les acteurs les plus proches de la population pour ne parler que des chefs fokontany et la revendication par rapport à leurs indemnités, tout comme les transporteurs qui se plaignent aussi des coûts qu’on leur impose tout en faisant parler d’eux par les multiples accidents mortels qu’ils engendrent. Il n’en est pas moins pour les employés des ministères et des secteurs publics : les personnels de la justice (incluant les magistrats, les greffiers et les agents pénitenciers) qui se sont chacun mobilisés pour dénoncer les anomalies dans leur fonctionnement, ou encore les syndicalistes des fonctionnaires qui demandent à être entendus concernant leurs salaires, les corps enseignants et les étudiants ont revendiqué dans ce même sujet d’argent. Suivent les employés des entités semi-priveés, notamment Air Madagascar et la JIRAMA, qui militent pour le règlement de leurs problèmes internes. Ce ne sont que des exemples mais ils résument assez bien la situation dans laquelle se trouve la société. En effet, toutes ces grèves reflètent l’état du système qui englobe la population, et qui la perturbe en même temps. Ce qui est le plus inquiétant, c’est que ces différents problèmes sont encore en stand-by pour une partie, tandis que l’autre partie n’est pas résolue dans sa totalité. Ces maladies non-traitées comme il le faut peuvent entraîner une rechute, qui deviendront des maladies chroniques, qui se transformeront bientôt en un cercle vicieux. Ainsi, l’entrée vers le mois de juin, qui n’est ironiquement autre que le mois de la fête de l’indépendance, s’annonce spécialement tourmenté.

Nomena