L’élevage est essentiellement bovin, ovin et caprin. Les alimentations humaine et animale n’entrent pas en concurrence, en ce sens que les animaux s’alimentent au niveau des pâturages. Faute de précipitation suffisante, le manque d’eau d’abreuvement et de fourrage a été constaté. Les pâturages se vident faute de régénération du fourrage. Pour le renouvellement des pâturages, du mois d’août jusqu’en octobre, les éleveurs déclenchent des foyers de feux de brousse plus ou moins contrôlés pour avoir du fourrage à partir des repousses d’herbes vertes pour leurs bétails. Mais cela ne dure pas car la repousse est de faible quantité et se flétrie rapidement du fait de l’aridité générale de l’environnement. Les animaux commencent à s’alimenter en feuilles d’arbustes, en cactus précuit au feu et en résidu des parties aériennes de cultures détruites par la sécheresse. L’état d’embonpoint du bétail se dégrade avec cette alimentation de fortune en cette période de disette.
Dans cette situation, les données disponibles font état que pour le bétail, on observe une légère baisse des prix de vente par rapport aux mois précédents. Par exemple, le prix d’un bœuf en décembre 2015 était environ de 800 000 Ar, en février, ce prix tourne autour de 650 000 Ar dans la Commune d’Antaritarika. Ainsi, la vente de bétails existe, mais l’effectif n’est pas encore très élevé. Cela explique le niveau des prix actuels. Donc, le niveau de la vente de bétail n’apparait plus actuellement comme une stratégie de résilience par rapport à la famine qui s’annonce, d’autant plus que suite à la série de sècheresse une décapitalisation cumulée a limité la possibilité d’en vendre.
L’élevage souffre également du manque d’eau. Les impluvia naturels ou artificiels « sihanaka» servant d’abreuvoir pour les bétails sont asséchés.
Il s’ensuit que l’accès à l’eau devient de plus en plus difficile. Si le prix du bidon de 20 litres d’eau variait entre 100 à 200 Ariary en novembre 2015, cette fourchette de prix s’est multipliée par quatre, soit de 400 à 800 Ariary le bidon en février 2016. Dans la plupart des Communes, les puits et les impluviums sont secs en particulier sur le littoral. Pour obtenir de l’eau de la rivière la Linta servant Ampanihy et Beloha, de Manambovo servant les Communes du District de Tsihombe, et de Menarandra servant Beloha et Ampanihy, les chercheurs d’eau doivent creuser le sable. Le transport se fait à pieds ou en charrette.
Le trajet peuvent durer jusqu’à 8 heures de marche. La distance à parcourir (Aller/retour) pour la recherche d’eau peut atteindre 23 km, tel est le cas de Sampona (District d’Amboasary).