Bon nombre de mécontentements ont été constatés depuis quelques temps sur les mesures bonnes ou mauvaises prises par le gouvernement. Le peuple malgache n’est plus à même de faire la part des choses en dénonçant ces dernières comme des dérives de l’incompétence. Il est inutile d’énoncer ici les qualifications péjoratives usitées par les gens de tout bord pour ne pas tomber dans le piège du dénigrement systématique. Le fait est là, on ne récolte que ce qu’on a semé en négligeant le facteur temps sur les mesures et réformes apportés récemment. Pour en arriver à ce stade de rejet, il fallait faire d’innombrables impairs en ignorant ou en minimisant l’influence actuelle acquise par les réseaux sociaux. De nombreux dirigeants vieillissant réfutent l’idée d’utiliser ce moyen de communication qui bien utilisé leur servira de repère sur les diverses tendances sociétales actuelles, en se mettant à l’affut des dernières nouvelles leur permettant d’anticiper certains faits qui pourront porter préjudice à l’Etat. Par cette nouvelle technologie, la correction d’une bourde faite par l’exécutif gouvernemental peut être rattrapée. En se mettant au même diapason que les sonneurs d’alerte de tout horizon, l’Etat gagnera du temps et de l’argent à éviter les pièges placés sur sa route.
De cause à effet, des foyers de tensions sont apparus par-ci et par-là, incitant le peuple à manifester de diverses manières qui sont généralement des expressions démocratiques. Certains politiques peuvent être tentés de transformer ce marasme généralisé en coup d’Etat mais cette tentative est-elle judicieuse en ces moments ?
NON DIRAIS-JE ! S’il faut en arriver là, que cela se fasse en toute légalité c'est-à-dire en suivant les étapes inhérentes à la destitution d’un Président. Pour étayer mes dires, il nous faut puiser dans nos souvenirs en nous remémorant les sanctions faites par la communauté internationale en 2009 qui a qualifié ce soulèvement populaire de coup d’Etat, et par conséquent a gelé ses aides pour Madagascar pendant la période de transition. Malgré la performance des dirigeants de ce temps par le fait qu’ils ont su juguler l’inflation, la pauvreté s’est quand même installée d’une manière durable dans le pays. Pour ne pas accentuer cette dernière, il nous faut avoir de la patience en remettant à plus tard ces velléités de changement qui pourra se faire dans deux ans, c'est-à-dire lors de la prochaine élection présidentielle en respect de l’alternance démocratique qui nous a fait défaut jusqu’aujourd’hui.
Effectivement l’empressement des dirigeants à s’enrichir a trait au fait qu’ils savent que la jouissance de leurs postes est éphémère à cause de l’instabilité entretenue par le Peuple, ensuite par le Parlement, relayée par le Premier Ministre et le Président lui-même. La terreur d’un imminent limogeage est une incitation aux actes délictuels comme la corruption, le trafic d’influence, le détournement et autres.
Pour remonter la pente qui fera de Madagascar un pays crédible qui garantit les investissements étrangers créateurs d’emplois et pourvoyeurs de devises, il nous faut assurer une certaine stabilité politique dans le pays. Cette certitude ne doit pas être oubliée par nos politiciens soucieux de l’avenir de ces millions d’écoliers malgaches qui seront sur le marché du travail dans quelques temps. L’Etat seul ne pourra jamais assurer la création d’emplois que cela nécessite, et que l’on doit déjà anticiper dès aujourd’hui. Avant de nous aventurer dans de nouveaux errements déstabilisateurs qui auront pour but de mettre à bas un régime, il nous faut voir la portée de nos actions qui doivent puiser dans la sagesse d’une vision à long terme.
Max Randriantefy
