Il y a quelques jours, Lylison a lancé un appel à ville morte, un appel non suivi et qui aura prouvé certaines réalités qui semblent échapper aux hommes politiques malgaches. Un appel non suivi d’abord parce que celui qui a lancé l’appel n’est pas crédible. Il avait été dans les hautes sphères du pouvoir il eût un temps et les tananariviens ont bien compris qu’il a envie de nouveau d’être dans ces hautes sphères, c’est autre chose que de se pavaner en ville en ayant le sentiment d’être « craint » et non respecté à cause d’un titre pompeux que l’on porte que d’être un sénateur qui malgré tous les avantages relatifs à ce titre ne fait pas de la personne un personnage respecté étant donné les casseroles que trainent beaucoup de nos législateurs. L’appel n’a pas non plus été suivi, non pas que la population tananarivienne y trouve son compte dans ce régime incompétent, mais parce qu’elle est une population qui se meurt comme beaucoup de malgaches et à ce titre elle ne peut pas se permettre de ne pas travailler un seul jour. Vivre au jour le jour est devenu le credo de la grande majorité des malgaches, avoir des économies relève du rêve inaccessible, prévoir des projets pour le lendemain est illusoire. Aussi, se permettre de ne pas aller au travail, ou devoir aller au travail en déjouant tous les barrages mis sur sa route ne peut que l’énerver plus qu’autre chose. Entre l’appel au patriotisme du Président qui à travers ses faits et gestes est tout sauf patriote et l’appel à la ville morte du Lylison, la population n’écoute plus, n’entend plus. En effet, quand le Président se permet de se promener partout dans le monde avec un jet privé loué ou payé avec l’argent du contribuable ; quand un sénateur avec ce qu’il touche comme indemnités, salaires, carburants, téléphone se permet de lancer un appel à ville morte ; quand on a le sentiment que l’on a à faire à des parvenus de premier qui chacun a mené une vie de pacha sous la transition l’un en étant ministre des finances, l’autre en étant à la tête d’une force d’intervention décriée par son propre compagnon d’armes, on se demande si véritablement aux côtés de l’une et de l’autre personne ne leur dit qu’elles sont probablement sur une autre planète et qu’en réalité elles ont été formées dans le même moule. La ville n’est pas morte, c’est le pays entier qui se meurt, c’’est la population malgache qui se meurt…tandis que le président cherche encore la preuve de la décadence, de la paupérisation de la population.
Anaïs T.