…« Il nous faudra maintenant prendre conscience et agir avec sagesse et détermination. »

Puisque l’opportunité nous a été donné à nous citoyen lambda de réfléchir aussi tôt à la présidentielle, autant saisir cette opportunité pour analyser les contextes politique et juridique de 56 ans d’indépendance, pour devenir des acteurs conscients et déterminés, pour accomplir l’acte démocratique fondamental en 2018 et avec sagesse.

Suite à une grève générale en 1972, la Première République laisse la place à une longue « période transitoire » pendant laquelle les parenthèses s’ouvrent et se ferment, pendant laquelle Madagascar s’englue dans l’impasse politique, dans la pauvreté, dans la corruption, dans des maux qui s’enchevêtrent au fil du temps et que nous peinons à soigner.

Si la légitimité des motifs de « renversement du pouvoir » ne sera jamais remise en cause : indépendance réelle de Madagascar, quête de la démocratie, halte à la dictature, meilleure redistribution des revenus et égalité des chances, halte à la corruption etc… ; le citoyen lambda commence à s’interroger sur la légitimité des décisions prises par les hommes élus ou désignés une fois au pouvoir. En effet, il apparait à travers ces 56 ans d’histoire que le Pouvoir Juridictionnel et les Textes Fondamentaux demeurent impuissants pour préserver l’intégrité de la Nation et pour protéger le citoyen lambda dans l’octroi de ses droits les plus élémentaires. En effet, il apparait à travers ces 56 ans d’histoire que le scénario devient récurrent : l’Homme providentiel devient « Le Dictateur » puis devient l’Homme « à abattre » ; ceci, parce que une fois au pouvoir, l’amalgame est fait entre les intérêts individuels et l’intérêt collectif ; ceci, parce que le pouvoir rend semble-t-il amnésique ; ceci, parce que l’enchevêtrement des « affaires » au cours de ce demi- siècle d’Histoire de Madagascar devient inextricable et parce que l’accession au pouvoir devient le sésame ouvre- toi à « l’affairisme ». Et l’accession au pouvoir dénoue et recrée les réseaux. Le seul élément permanent au fil du temps qui coule reste la monnaie d’échange, « money is money ». Et on ose encore parler de « fihavanana » quand tout est corruption du plus haut au plus bas de l’échelle sociale !

Et entre temps, la petite histoire traduit en feuilleton intitulé « Qui ? » (qui a fait quoi, qui est avec qui, qui a reçu combien…) alimente quotidiennement les discussions et les conversations dans les chaumières. Tant qu’on est occupé à parler de l’autre, on occulte de regarder la poutre dans son œil. La politique politicienne est déclinée sur tous les tons, de l’humour à la grivoiserie, pour oublier la lourde réalité du quotidien.  

Aucun citoyen lambda n’est dupe, mais le citoyen lambda est à chaque strate sociétale préoccupé dans la gestion de son quotidien, par l’incertitude du lendemain, du devenir de la cellule familiale, et de ce fait place au second plan semble-t-il le devenir de son pays, ceci d’autant plus qu’un certain scepticisme, que le doute s’est installé dans l’esprit de chacun. Maintenir cet état de fait, à savoir « la difficile quête du quotidien », n’est-il pas une volonté politique car permet de polluer l’état de conscience du citoyen lambda et l’empêche de réfléchir au devenir du pays, au devenir du citoyen lambda lui même.

Mais rappelons la démarche et la doctrine du scepticisme dans son acceptation antique et non vulgaire pour lever toute ambiguïté : « la pensée humaine ne peut déterminer une vérité avec certitude, nous faisons preuve de scepticisme lorsque l'on doute de quelque chose. Il ne s'agit pas de rejeter la recherche, mais au contraire de ne jamais l'interrompre en prétendant être parvenu à une vérité absolue. Son principal objectif n'est pas de nous faire éviter l'erreur, mais de nous faire parvenir à la quiétude, loin des conflits de dogmes et de la douleur que l'on peut ressentir lorsqu'on découvre de l'incohérence dans ses certitudes. Le scepticisme affirme que l'homme ne peut trouver ni une réponse aux questions philosophiques, ni une certitude concernant les réponses aux questions philosophiques et énigmes de la nature et de l'univers, même si elles existent. »

Ainsi, …« Il nous faudra maintenant prendre conscience et agir avec sagesse et détermination. »

Chaque citoyen lambda est responsable du devenir de Madagascar, chaque citoyen lambda est responsable de l’échec permanent des tranches d’histoire, échec résultant de l’ignorance, du dénuement total, de l’insouciance, de l’égoïsme, de l’arrogance, de l’incompétence, de l’absence totale de patriotisme … Mais que cette réalité ne nous rebute à aller de l’avant et à faire la révolution dans l’évolution. Chaque citoyen lambda a le devoir d’ actionner la démarche citoyenne, a le devoir d’exercer son droit d’électeur. « voter est un droit et un devoir ».

Chaque individu lambda de 18 ans révolus à la date du scrutin qui jouit de ses droits civils et politiques est éligible à la qualité d’électeur, devient juridiquement citoyen, devient responsable du devenir de Madagascar, par son action ou par son inaction.

Pour être éligible, le citoyen lambda doit être inscrit sur la liste électorale, qui est la transcription des Registres de recensement des Fokontany sur tout le Territoire, liste systématiquement arrêtée dans une période électorale. Par ailleurs, le citoyen lambda doit être détenteur de sa Carte d’Identité Nationale (à porter sur soi lors des journées d’élection) et doit s’inscrire au registre de recensement du Fokontany, registre qui détermine la liste électorale. Le citoyen lambda doit renouveler cette démarche à chaque déménagement et doit également être vigilant à vérifier la mise à jour du Registre de recensement du Fokontany.

Chaque citoyen doit témoigner de l’’ineptie du bulletin unique quand dans certaines régions reculées l’analphabétisme est encore une réalité criante.

Chaque citoyen lambda doit exiger que le dépôt de la déclaration des ressources soit un critère de recevabilité de la candidature et d’éligibilité du candidat à toutes les élections. Tout manquement ne sera plus tolérer.

La démocratie et le suffrage universel :

« Madagascar est une démocratie : gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Le peuple confère le pouvoir aux dirigeants par le biais des élections. »

Recueillis par Nancy Razanatseheno