Le régime Hvm se montrant impartial dans son fonctionnement, certains se plaignent d’être handicapés volontairement par l’Etat pour des raisons politiques. Deux personnalités ont hier récriminé publiquement contre le favoritisme étatique. D’abord le maire de Beraketa (près de la route Ihosy-Taolanaro, dans le district de Bekily), Jaomila Bertin. Suite à des assauts massifs de dahalo, deux gros bourgs de la commune ont été saccagés et incendiés et sont considérés comme « rayés de la carte ». Le maire se plaint car en premier lieu, sa circonscription ne bénéficie pas de la même protection des forces de l’ordre que les communes voisines.
Ensuite car à la suite du raid des dahalo, les habitants des deux agglomérations mises à sac sont affectées par la famine et le froid, mais ne reçoivent aucune aide de l’Etat. Conclusion du maire Jaomila Bertin sur les ondes : « J’ai l’impression que ma commune est négligée intentionnellement, peut-être car je suis un maire non Hvm, élu avec le label indépendant… ». Notons qu’une telle plainte est de plus en plus fréquente actuellement, beaucoup de maires pensant être écartés des faveurs du régime car ne portant pas l’étiquette Hvm.
L’autre plaignant d’hier est l’ex-bâtonnier, Solo Radson, avocat de Tiko. Concernant le site controversé d’Ankorondrano, il estime que les unités en construction auraient dû être terminées au bout d’un mois, « si les travaux n’avaient subis aucune entrave ». Il en est de même, a-t-il ajouté, des installations de Tiko à Antsiranana, Toamasina et Antsirabe qui devront être aussi réhabilitées en un mois « si les travaux ne rencontrent pas d’obstacle… ». Selon cet avocat, c’est le ministère du Commerce qui semble être l’auteur des dessous politiques contre Tiko, alors que la Chambre de Commerce qui est déjà majeure est capable de se défendre toute seule…
Notons un fait permanent depuis l’indépendance : les régimes successifs ont préféré avantager les entrepreneurs étrangers (Français, Indo-Pakistanais, Chinois etc.), plutôt que les opérateurs malgaches. Et ceci pour une raison simple : quand ils prennent de l’envergure, les hommes d’affaires malgaches se dotent d’ambitions politiques et menacent la position des dirigeants en place.
A. R.
