Merci ! Oui, merci d’avoir accepté la hausse du prix du journal que vous avez entre vos mains. Les raisons de cette augmentation ne sont pas une question à mille balles. Nous imaginons, et nous l’espérons d’ailleurs, que nos aimables lecteurs ont compris d’eux-mêmes pourquoi nous avons été obligés de porter le prix de « La Gazette de la Grande Ile » à 1000 Ar ou 5000 Fmg.
La première et principale cause de la hausse est d’ordre économique. Le papier journal comme les plaques et les intrants pour l’impression du journal sont tous importés. Le dollar qui est aussi la monnaie de référence en imprimerie est passé de 10 000 Fmg en 2007 (date de la dernière augmentation du prix du journal à 3000 Fmg) à 16 000 Fmg actuellement.
Mais il y a aussi une autre raison qui relève de la politique ou de la stratégie, c’est selon. Jamais, en effet, la presse ne s’est autant développée à Madagascar. Nous qui sommes foncièrement attachés à la liberté de presse et d’expression, ne pouvons que nous en féliciter. Seulement, cette frénésie pour la presse écrite cache de noirs desseins. Légitimement, les politiciens qu’ils soient au pouvoir dans l’opposition, créent des organes pour faire leur propagande. Mais quand ils dépensent sans compter pour inonder le pays de titres dans un contexte de misère extrême, c’est tout simplement décrédibiliser la presse devenue inaccessible par sa disparité. Outre les raisons économiques, votre contribution, chers lecteurs, à continuer de vous procurer notre journal serait donc un moyen de soutenir ce combat perpétuel pour la liberté et l’indépendance de la presse.
Si nous avions des recettes publicitaires confortables, nous n’aurions jamais procédé à une augmentation du prix du journal. La logique serait même de distribuer gratuitement les publications pleines d’annonces payantes. Nos recettes publicitaires restent faibles parce que l’Etat demeure le principal annonceur du pays à travers les appels d’offres. Et depuis notre création, en 2003, les régimes successifs nous ont boycotté à cause de notre refus de suivre la voix de son maître. Pire, les entreprises et sociétés sont dissuadées par le pouvoir en place sous prétexte que leurs investissements publicitaires financent l’opposition. Dans cette optique, les pseudo-instituts de sondage font leur beurre en publiant des études sur l’audience média sans aucune base scientifique. Le dernier recensement général de la population remonte à 1993 et personne ne peut estimer aujourd’hui à combien se chiffre actuellement le nombre de population après la banalisation du sexe encouragée par le marketing social financé par les Américains. L’absence de réponse à notre pauvreté vient d’abord de cette déficience en matière de statistique sur la population. Les problèmes électoraux tirent leurs sources de ce déficit. Qui oserait donc afficher une pyramide des catégories socio-professionelles de la population sans laquelle on ne peut faire un sondage fiable ?
Ce dont nous en sommes habitués est qu’on nous sollicite systématiquement pour des sujets « délicats ». « La Gazette » a-t-elle donc moins d’audience en matière d’annonce qu’en article ? A 1000 Ar, le journal le plus cher de la place permet en tout cas aux annonceurs des produits riches d’atteindre à 100 % leurs cibles. Essayez !
Salomon Ravelontsalama