Les lanceurs d’alertes, les syndicalistes, la société civile, une partie du haut commandement, les puissances étrangères, les chefs d’Eglise et les bailleurs dénoncent la corruption et la mauvaise gouvernance. Ils ne parlent pas forcément d’une seule et même voix puisque les bailleurs sont contraints de conserver un langage diplomatique tandis que les Chefs d’Eglise restent mesurés dans l’expression de leur mécontentement. Toujours est-il que le résultat est le même. Le ras-le-bol est généralisé et palpable. Après plus deux ans d’exercice du pouvoir, force est de constater que le régime est impopulaire et que la tendance n’est prête de s’inverser avec les grèves déclarées et celles qui couvent. Comment le régime est-il arrivé à son isolement actuel? Tout d’abord, Hery Rajaonarimampianina n’a pas tenu ses promesses et n’a réalisé aucune réforme socio-économique de grande envergure. Les délestages persistent et l’insécurité progresse. Ensuite, beaucoup trop de scandales ont souillé la première moitié du mandat de Hery Rajaonarimampianina. Sa responsabilité est engagée car il a choisi son entourage qui n’a pas le sens de l’Etat. L’avenir du régime est sombre car il a échoué lamentablement à son examen de passage vers la croissance et il refuse tout examen de conscience. Aucun rattrapage n’est possible car le mal est fait. Miné par son impopularité, le régime est tellement contaminé par la corruption qu’il doit être placé en quarantaine. Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même s’il apparaît si mal aimé.
M. GASPARD
