Beaucoup de tam-tam, hier, sur les médias officiels pour l’inauguration par le président Rajaonarimampianina d’un pont sur la RN9, entre Toliara et Morombe. L’ouvrage, long de 169 mètres, ne manque pas d’allure et sera certainement utile à cette région du sud-ouest qui produit riz, coton, pois du Cap, etc. Mais on semble entretenir une confusion entre le pont réceptionné hier et celui de Bevoay. Les travaux concernant ce dernier ouvrage, sur le fleuve Mangoky, n’ont pas encore commencé faute de financement. C’est ce pont de Bevoay que la population locale attend avec impatience, car quand le bac est victime d’une panne, aucun véhicule ou piéton ne peut passer le fleuve. Quand le bac est en état de marche, son service est fantaisiste même si les heures de fonctionnement sont affichées bien en vue. Un fonctionnement gratuit selon la même affiche, mais qui en réalité ne l’est pas du tout dans un pays gangrené par la corruption…
La construction du bac de Bevoay, d’une longueur de 880 mètres est une toute autre paire de manches. Le tapage sur les médias sera autrement plus consistant quand le régime Rajaonarimampianina l’aura construit (ce qui n’est pas sûr du tout). Beaucoup auraient préféré voir ce pont de Bevoay terminé, plutôt que celui d’hier sur la rivière Befandrea. En tout cas, lors de l’inauguration hier du pont nettement plus petit, Hery Rajaonarimampianina a exulté dans les termes suivants : « Ce pont prouve que le régime travaille, et qu’il a la confiance des bailleurs de fonds. Moi, je n’ai jamais trompé le peuple concernant mes promesses… ».
Lors des discours d’hier, le mot Bevoay a été souvent prononcé par les officiels car Hery Rajaonarimampianina s’est ensuite rendu dans cette localité pour inaugurer, non le pont, mais des salles de classe. En tout cas, le petit pont « qui prouve que le régime travaille» a été bâti par l’entreprise chinoise China Railway, avec un financement de la Bad (Banque Africaine pour le Développement).
