Madagascar est parmi les rares pays à minorité musulmane dont des ressortissants ont rejoint la Syrie et l’Irak pour des formations de djihadistes ou de terroristes islamistes. L’information est du Global terrorism index 2015 publié dans le courant du 1er trimestre de cette année. Et l’opinion publique commence à s’inquiéter de l’expansion sans précédent de la religion musulmane. Il n’est certes pas question de faire de la discrimination religieuse prohibée par la Constitution, mais de s’inquiéter d’une montée latente de l’islamisme. Le voile et surtout le voile intégral ou burka qui ne fait voir que les yeux des femmes qui le portent, font réflechir : ils commencent à se répandre chez des jeunes filles malagasy, notamment dans la capitale et dans quelques grandes villes. Des sources concordantes avancent que ces jeunes filles sont rémunérées à raison de 60 000 Ar par mois pour porter le voile ou le burka, même si elles ne se sont pas encore converties à l’islam. Il y a aussi le projet de construction de près de 2 000 mosquées sur le territoire et qui aurait eu l’autorisation des dirigeants malagasy. Ainsi, des mosqués sont déjà érigés en plein bled.

Pour l’heure, aucune information n’est disponible sur les tenants et aboutissants de cette expansion de l’islam en terre malagasy. Des observateurs avancent toutefois que soit, le pays pourrait servir de vivier de djihadistes ou de terroristes d’obédience islamiste pour l’Etat islamique ou pour d’autres groupes djihadistes apparentés à cette grande organisation terroriste qui se proclame de l’islam. Notons que l’Etat islamique est riche d’un pactole de plus de 1 000 milliards de dollars. Il se peut aussi que Madagascar ne soit à l’abri d’attaques terroristes étant donné la présence d’intérêts occidentaux. Outre ces menaces réelles tant pour la jeunesse malagasy que pour le pays, des menaces socioéconomiques pèsent également. Ainsi, le FMI remarque dans ses perspectives économiques pour l’Afrique subsaharienne publiées en avril dernier : « Il ressort des données que le terrorisme porte également atteinte aux recettes, aux dépenses, au tourisme et à l’investissement direct étranger. De manière plus précise, outre les conséquences tragiques du terrorisme sur le plan humanitaire et social, son impact sur l’ensemble de l’économie nigériane semble avoir été comparativement modeste, à l’exception des régions plus directement touchées par le problème. Au Cameroun, la menace du terrorisme se concentre également dans les régions rurales et pauvres, mais elle a provoqué une augmentation des dépenses de sécurité dont l’impact budgétaire se situe aux alentours de 1 à 2% du PIB ».

« Au Tchad, l’impact budgétaire du terrorisme est estimé à près de 1,5% du PIB non pétrolier; il s’explique pour moitié par un manque à percevoir (principalement issu du ralentissement du commerce extérieur) et pour moitié par une augmentation des dépenses sécuritaires. Au Niger, les crédits budgétaires destinés à la sécurité ont augmenté de 3,6 à 5,2% du PIB entre 2012 et 2015. Au Kenya, l’impact le plus visible sur le plan économique s’est limité à ce jour au repli des arrivées de touristes (en baisse de 17% durant les trois premiers trimestres de 2015 par rapport à la même période de 2014 ». Avec les données du Global terrorism index 2015 et l’expansion rapide de la religion musulmane, Madagascar pourrait connaître les mêmes problèmes dans quelques temps.                                   Fanjanarivo