Mis à part Jaovato, député d’Antalaha, personne ne se hasarde à prendre publiquement la défense de Johnfrince Bekasy. Il faut dire que nul n’ignore que cet ancien conseiller municipal dans une commune de la région SAVA a financé et finance le régime actuel et qu’à ce titre, il bénéficie d’une impunité. Après avoir arrêté par la Bianco pour sa participation présumée à un trafic de bois de rose, cet ancien conseiller du Ministre de la Sécurité Publique a été relâché sans procès en septembre 2015. Cette impunité agace et dérange les américains mais étrangement ne provoque pas de réactions de la part de l’Union Européenne, comme si cette dernière tolérait les trafics de bois de rose. Les autorités américaines semblent faire une fixation sur Bekasy mais si elles ne le font pas, on se demande qui le fera sachant que le pouvoir juridictionnel malgache est à la botte du pouvoir exécutif. Les autorités malgaches se plaignent de l’ingérence yankee dans les affaires internes malgaches mais dans ce cas, elles n’ont pas à quémander des dons et des prêts aux américains qui pèsent lourd au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale. Le nom de Bekasy revient souvent car il a été attrapé puis relâché mais il n’est pas le seul à être concerné par le trafic de bois de rose. Il y a d’autres malgaches mais aussi des indo-pakistanais et des chinois. On se focalise sur les stocks et les cargaisons de bois de rose mais il faudrait ne pas perdre de vue les flux d’argent liés aux exportations illicites.

M. GASPARD