Il y a quelques mois, des techniciens français étaient à Madagascar pour entamer les négociations sur les iles éparses. Des sources concordantes révèlent cette information. Seulement, elles avancent que la partie malagasy n’était pas du tout prête pour une telle opération de grande envergure, non seulement sur le plan technique mais également sur le plan politique. Elle n’aurait eu en main que quelques feuillets, alors qu’il s’agit de négocier les énormes potentiels socioéconomiques et politiques que doivent représenter les îlots autour de Madagascar, soit Juan de Nova, Europa, Bassas da India et les Glorieuses. La partie française aurait donc « conseillé » les Malagasy à établir leurs dossiers de négociation. Autrement dit, ils sont invités à revoir leur copie de fond en comble. En fait, le pays manque de bons négociateurs, surtout pour des grands dossiers comme la revendication des îles éparses. Ce problème est de taille puisqu’il amène le pays à accepter, par exemple, des financements extérieurs qui ne correspondent pas du tout ou à peine à ses besoins réels. Et nombreux sont les projets inscrits dans ce cadre. Sinon, comment expliquer, par exemple, le sous-développement rural alors que le secteur est l’un des plus privilégiés par les bailleurs de fonds depuis l’indépendance ?
Malgré tout, le manque de volonté politique des dirigeants malagasy est plus que criant concernant les îles éparses. En septembre 2014 lors de la visite officielle du président de la république, Hery Rajaonarimampianina, en France, il a convenu avec son homologue français d’entamer les négociations via la création d’une sorte de comité conjoint. Les premiers travaux étaient censés être bouclés par le ministère des Affaires étrangères des deux pays. Mais depuis, rien de concret n’a eu lieu sauf cette rencontre évoquée plus haut et gardée sous secret. Seulement, la partie malagasy n’a fait preuve d’aucun dynamisme. Pire, elle n’a même pas pris la peine de préparer cette première rencontre après la démagogie présidentielle de 2014 à Paris. Celle-ci a été précédée pendant la campagne présidentielle de 2013, par la déclaration publique du même président mais candidat à l’époque, de revendiquer la gestion et non pas la cogestion des îles éparses. Ce qui signifie que jusqu’ici, les dirigeants du régime actuel ne font que dans la démagogie concernant ces îles qui renferment des richesses. Citons les immenses gisements de pétrole au large de Juan de Nova, la biodiversité d’Europa, les épaves historiques de Bassas da India…
On doit même rappeler que le ministre des Affaires étrangères, Béatrice Attalah a déclaré qu’il ne fallait pas faire un lien entre le sommet de la francophonie et la revendication de ces îles ! Cette déclaration scandaleuse ne peut qu’horripiler dans le sens où si la francophonie ne se résume pas à la France, tout évenement international et surtout d’envergure francophone se prête à une telle revendication. Sinon, il faut remarquer que le premier pas enclenché par la France pour les négociations sur des îles éparses, n’était pas fortuit. A titre de rappel, la transition a demandé en 2011 une extension du plateau continental de Madagascar auprès des Nations unies. Cette demande a été bel et bien enregistrée et pour qu’elle prenne effet et englober les îles éparses, il faut encore fournir des données scientifiques dont des mesures sismiques et batymétriques. Des travaux qui peuvent très bien être effectués par des entreprises malagasy. Seulement, le régime actuel n’a pas poursuivi les travaux. Une fois de plus, il brille par son manque de patriotisme et n’a cure de ce qu’on appelle la souveraineté politique et économique.
Fanjanarivo