Rado Rabarilala, le pilote et leader syndical licencié d’Air Madagascar, pense avoir épuisé les recours sur son cas (et celui de ses trois collègues également licencié). Notons que l’homme, accompagné de son avocat Willy Razafinjatovo, s’est rendu à l’Inspection du Travail, à la Primature, au ministère de la Justice, au Sénat, etc.
Comme la justice lui a donné raison concernant sa réintégration à son poste, il entend maintenant retourner chez Air Madagascar. Muni de la décision de justice, il compte réoccuper son poste au sein de cette compagnie aérienne. Voici ses propos à ce sujet : « Si personne ne veut m’entendre, je vais appliquer moi-même la décision de justice. Je suis prêt à tout, même à une arrestation et je vais d’ailleurs m’y rendre avec mon petit baluchon… ». Bref, lors de cette intrusion chez Air Madagascar, le syndicaliste craint d’être interpellé, d’être placé en garde à vue dans un poste de police, voire d’être placé sous mandat de dépôt à la prison d’Antanimora. Raison pour laquelle il sera pourvu d’un baluchon qui contient un nécessaire de toilette et des effets vestimentaires. En tout cas, sous ce régime, il ne sera pas le premier leader syndical jeté en prison.
Rado Rabarilala compte lancer un court ultimatum aux autorités, après quoi, il mettra sa « menace » à exécution. Selon lui, néanmoins, il n’entreprendra pas cette expédition tout seul, mais aux côtés des trois autres infortunés pilotes, d’un huissier et de son avocat. En tout cas, sur la valeur que l’actuel régime donne aux décisions de justice, le président du Syndicat des Ex-militaires et Apdl (Après durée légale) a fourni récemment un détail intéressant. En fait, un verdict de tribunal ayant donné raison au syndicat sur une revendication concernant les indemnités, ce chef syndical a demandé audience à la Présidence de la République et fut reçu par Hery Rajaonarimampianina. Voici un passage de sa narration : « Quand nous lui avons fait part de la décision de justice qui nous est favorable, il nous a répondu ceci : croyez-vous qu’il faille appliquer toutes les décisions de justice ? ». Bref, le blocage sur le retour à leurs postes des syndicalistes d’Air Madagascar provient peut-être d’Iavoloha.
A. R .
