Au sommet d’Istanbul, Hery Rajaonarimampianina a demandé une répartition équitable des aides, plus simplement que les pays qui se trouvent dans les mêmes situations bénéficient des mêmes aides. A l’image des enfants qui scrutent le moindre signe de « préférence » que les parents auraient pour l’une des fratries, le président de Madagascar voudraient qu’il n’y ait pas de préférence dans les aides accordées aux pays pauvres. Mais enfin ! quand un pays se fait remonter les bretelles en un semestre par les chancelleries étrangères pour cause de mauvaise gouvernance, de manque de volonté dans la lutte contre la corruption, parce que ses dirigeants comptent plus sur les aides étrangères sans véritablement fournir des efforts en interne ; quand le même pays a récemment été interpellé par la CITES pour sa gestion catastrophique des affaires liées aux trafics de bois de rose ; quand dans le même pays tout en quémandant des aides à outrance, les nababs continuent de rouler dans des voitures luxueuses, la politique est le tremplin idéal pour sortir de la misère et pour certains de s’enrichir de manière malhonnête et de verser dans l’impunité, le président se déplace en jet privé, son entourage va à l’étranger comme les malgaches vont à pied dans les gargotes pour le repas de la journée…on se demande quelle raison résonne dans la tête du président pour oser présenter telle demande ! Si bien que ceux qui pourraient aider même s’ils voudraient le faire réfléchiront toujours à plus de deux fois car le pire n’est jamais certain ; car ils savent que très peu arriveront vers la population, le gros pourcentage des aides atterrissant sans souci dans les portefeuilles des dirigeants. Et puis, le discours est tellement faux. Tous ceux qui ont dirigé le pays ont chacun investit ailleurs, en dehors du pays : drôle de manière pour des dirigeants de montrer de l’intérêt à son propre pays. Tant qu’ils sont au pouvoir, ils envisagent déjà l’après en Europe, à l’Ile Maurice, en Afrique du Sud en laissant leur pays dans le peloton de queue de tous les classements. Et après avoir quémander de l’aide, après avoir fait des pieds et des mains à travers un discours fleuve, tranquillement sans crier gare la même personne, le même président déclare que c’est une affirmation gratuite que de dire que les malgaches sont plus pauvres qu’il y a deux ans et qu’il voudrait qu’on lui en apporte la preuve ! En terme de paradoxe on ne peut pas faire mieux et comme le disent bon nombre de malgaches, il lui faut aller dans le Madagascar profond et non se pavaner dans des centres commerciaux de la capitale, il lui faut passer plusieurs jours dans ces endroits frappés par la sécheresse ou décimés par les bandits ou plus près il lui faut s’enquérir du quotidien de ces marchands ambulants qui transportent des sambos ou petits pâtés du côté de Tsimbazaza pour connaître la réalité de la situation économique de ses compatriotes. Quand on passe son temps à quémander, on fait au moins profil bas pour être crédible !
D.R