L’histoire d’Afrique et la friperie ne date pas d’hier. Pour Madagascar en particulier, suite à la crise de 2009, ce secteur a explosé. Aujourd’hui encore, ce secteur ne cesse de pousser comme de la mauvaise herbe. La haute saison est l’après récolte pour les marchands car c’est à ce moment là que les gens du monde rural possèdent de l’argent du fait de la vente de leurs produits, les faisant ainsi les premières cibles des marchands d’articles en friperie.

Dans notre pays, la fripe inonde chaque coin de rues et chaque recoin des marchés. A Andravoahangy le mercredi, Mahamasina le jeudi, 67 ha le vendredi et à Ambodinisotry le samedi, le marché de la fripe n’est plus une habitude pour les Malgaches mais un besoin fondamental, vu l’insuffisance de travail actuel. La fripe est vitale non seulement pour les marchands mais aussi pour les clients, étant donné qu’on peut se vêtir et se protéger du froid à moindre frais. Le marché de fripe ne se limite pas au sein marchés et dans les ruelles mais également sur les réseaux sociaux. Pour ainsi dire, il faut savoir s’adapter avec son temps sinon on n’arrive à rien. La plupart des fripes de Madagascar provient de l’Europe, de l’Amérique, de l’Australie et de l’Asie. La fripe étant un commerce juteux et créateur d’emploi pour les Malgaches, la majorité d’entre eux œuvre dans le secteur informel et remplissent les rues de la ville. La production artisanale et les tailleurs tous faits prennent un sacré coup et paient le prix fort vu que leur prix est loin de concurrencer avec les fripes. Madame Yvonne a dû se reconvertir dans la vente de friperie si autrefois, elle était dans la vente de confection. Elle a clairement confirmé que les fripes sont plus rentables que les confections. Le prix d’une balle de friperie est compris entre 200000 et 900000 ariary, selon leur poids, leur qualité et leur catégorie. La balle la plus légère est de 45 kg. Elles sont triées par catégories : T-shirt, jean, chemise, jogging… D’après une commerçante, on peut obtenir un bénéfice minimum d’un taux de 25 % par balle. Les commerçants en détail s’approvisionnent à Isotry, Andravoahangy ainsi que dans les endroits comme l’établissement Joseph Ramanandraibe situé près de l’arrêt taxi-brousse reliant Ambatondrazaka qui a en son enceinte 8 entrepôts pouvant entretenir plusieurs tonnes. Ces endroits arrivent à écouler en moyenne 50 balles par jour le nombre maximum étant de 250 balles. Le chiffre d’affaire journalier des grossistes en friperie atteint plus de 10000000 d’ariary. Pour les détaillants, ils arrivent à récupérer le prix d’une balle suivi de bénéfice en une journée durant les hautes saisons. C’est pourquoi on n’aperçoit que des fripes dans chaque coin de rue. Nombreux parmi les vendeurs de confection se ruent aussi vers la fripe vu que la clientèle cherche des tendances étrangères à moindre coût. Les couturières s’installant au marché se contentent que des commandes sur mesure comme les tabliers d’écoliers, les tenus de fêtes, les tenues pour enfants…

Jean Riana