Existe-t-elle une autorité en charge de l’aviation civile à Madagascar ? Les autorités mauriciennes et tanzaniennes se posent la question à la fois avec ironie et colère. Car plus, elles demandent aux autorités malgaches de renforcer les contrôles aux frontières, plus les trafics de drogue et d’animaux en provenance de Madagascar se multiplient. La semaine dernière, c’est un couple malgache qui a été surpris avec plus de 3,5 milliards Fmg d’héroïne à l’aéroport de Maurice. C’est la seconde saisie de drogue en provenance de Madagascar en l’espace seulement de quelques jours. On ne parle plus des bébés tortues qui ont été appréhendés à Nairobi (Kenya) et à Maurice.

A chaque fois, l’objet du trafic est décelé par scanner après que les soupçons aient été confirmées par des chiens renifleurs. A en croire les spécialistes, on a pourtant les mêmes matériels sinon plus mais c’est l’ACM (Aviation Civile de Madagascar) qui pose problème.

Lors de la dernière saisie de bébés tortues à Maurice, l’enquête menée par la douane malgache a montré une complicité manifeste à l’aéroport d’Ivato dans laquelle l’ACM ne saurait dégager sa responsabilité en tant qu’autorité suprême en matière d’aviation civile à Madagascar. Et les drogues saisies à Maurice n’auraient pu passer nos frontières sans complicité.

Cette complicité est d’autant plus grave que la mauvaise organisation installée à Ivato fait de notre aéroport une véritable passoire. L’incompétence du DG de l’ACM que les syndicats d’Air Madagascar accusent par ailleurs de bloquer la sortie de la compagnie nationale de l’Annexe B afin de la liqduier pour de bon, exacerbent d’ailleurs les compagnies aériennes desservant Madagascar mais aussi les organismes internationaux comme l’OACI et l’IATA.

Malgré les doléances pour le renforcement des contrôles, rien n’a été fait sinon que la situation s’empire alors que d’une part, il y a la pression des invités au sommet de la francophonie, et d’autre part, il y a la menace djidahiste qui est à proximité, à Maurice notamment. Ce ne sont pas pourtant les matériels nécessaires qui font défaut. Non, le pays et le développement du tourisme auquel une multitude de gens s’attèlent ne peuvent souffrir de l’incompétence d’un certain James Andrianalisoa.

D.R.