Deux évènements d’une importance capitale sont très attendus par tous les observateurs politiques et les férus des évènements astrologiques pour la seconde décade de ce siècle. Il y a d’abord ce phénomène naturel qui aura lieu le 1er septembre 2016 au cours duquel la lune, la terre, et le soleil sont alignés provoquant ainsiune éclipse solaire annulaire visible à Madagascar. Puis il y aura cette alternance à la tête de la magistrature suprême qui, dans l’ordre ne devra avoir lieu qu’en 2018. Et dans le désordre bien avant cette échéance.

S’il ne tenait qu’aux souhaits d’une opposition qui n’arrive pas toujours à trouver ses repères et ses dirigeants charismatiques, l’évènement scientifique rare devrait se passer avant le changement institutionnel à la tête de l’Etat. Quand la chasse aux sorcières s’installe dans un régime, on peut dire que la récréation est finie…En accusant les institutions de ce pays de ne pas être à la hauteur de leur rôle respectif, un sénateur, novice de surcroît, a jeté un gros pavé dans la mare aux canards boiteux de la République. Le chef de l’Etat, le gouvernement et le président du Sénat ne peuvent pas tolérer un tel crime de lèse-majesté. Ils en veulent à cet imprécateur. De jour comme de nuit, tous ils ne ratent aucune occasion pour le menacer de poursuite judiciaire. Leur réaction s’intensifie tellement que les virulents contestataires taxés de HVMophobes furent tous contraints à se réfugier en de lieux sûrs. On ne sait où…Pas plus tard que la semaine dernière à Toamasina, le président Hery en personne en faisant allusion à une « pauvreté quiprévaut encore après 56 ans d’indépendance, résultat des crises cycliques provoquées et du non-respect del’alternance démocratique » avec des petites phrases assassines montre du doigt la Transition dont il a été pourtant l’Argentier. Il semble avoir sciemment oublié qu’il avait autorité sur ces compromissions des directions générales et services mêlés aux trafics d’or, de minerais précieux, de bois de rose et d’influence au profit des copains et des coquins. Une telle attitude est à la base d’un terrorisme d’Etat qui s’installe lentement mais sûrement.

Depuis cette retentissante menée des députés pour obtenir une déchéance, la classe politique en place est sérieusement ébranlée par les ondes chocs de leurs propres dérives. Après l’investiture de 25 janvier 2015 Madagascar aurait pu devenir une nation exemplaire dans tout l’Océan Indien avec ses potentiels et toutes ses ressources qui font rêver le reste du monde. Les scandales financiers à répétition et la manie de perdurer dans la mauvaise gouvernance (un péché originel auquel le président fait allusion dans son discours de Toamasina) ont cassé le ressort, le courage et la détermination de tout un peuple à faire valoir les atouts des ressources économiques. Les dirigeants avaient l’occasion idéale, les conditions très favorables pour transformer le pays et auraient pu sortir ce pays de l’enfer de la malédiction des richesses minières. Au lieu de cela, sous la facade d’institutions faussement démocratiques, c’était la ruée vers l’or et l’argent sale des commissions pour amasser des biens mal acquis. Depuis qu’ils sont là, ils ont préféré se servir dans les caisses de l’Etat au lieu d’être à l’écoute des aspirations légitimes de leurs concitoyens, que les amis de ces pilleurs n’hésitent pas à comparer à des babakoto. Ils ont maintenu Madagascar trop longtemps dans les affres de l’oppression ploutocratique. Il est patent qu’un régime incapable d’aider son peuple ne mérite pas de durer. Les souffrances de l’Androy sont les preuves de cette injustice ségrégationniste. En haut lieu on ne fait pas grand cas des défavorisés. Il est maintenant trop tard pour eux de se ressaisir. La révolte démocratique parlementaire du sénateur Lylison a annoncé le début de la fin pour ce régime. On se demande sérieusement pourquoi la communauté internationale ne réagit pas. Situation qui n’est pas sans rappeler cette démarche épistolaire de François Hollande en date du 7 octobre 2014 à l’endroit de Blaise Compaoré. Quoi qu’il en soit, les malgaches en ont marre de leurs dirigeants. La corruption est généralisée et aggravée par l’incapacité de sortir le pays de la pauvreté alors que les princes qui nous gouvernent ont tous fait fortune et ne se cachent pas pour investir dans l’immobilier dans les Emirats Arabes, à Paris ou les paradis fiscaux asiatiques. Le respect des libertés fondamentales n’a jamais voulu dire quelque chose à Madagascar. Il ne veut pas dire quelque chose ailleurs, mais encore moins au pays de Ralaimongo et de Monja Jaona depuis que ordre constitutionnel perverti a été imposé par l’étranger. Conclusion : il faut penser sérieusement à changer de dirigeants et dire Adieu à ceux qui nous exploitent. Bonjour à l’éclipse…

N. Razafilahy