Dans notre pays, on intimide les syndicalistes. On poursuit les grévistes. On s’apprête à museler les journalistes avec de lourdes amendes. On applique des sanctions disciplinaires aux inspecteurs et contrôleurs de l’Inspection Générale de l’Etat (IGE) qui font leur travail. En effet, les inspecteurs et contrôleurs de l’Inspection Générale de l’Etat, qui ont révélé les malversations de Claudine Razaimamonjy dans l’exécution de marchés publics, seront sanctionnés. C’est une mauvaise nouvelle pour l’administration, la bonne gouvernance, la démocratie et, même la nation. Pour le régime, il s’agit de sanctions pour l’exemple, qui sonnent comme des avertissements : on ne touche pas aux barons et baronnes du régime. Les sanctions disciplinaires infligées à ces inspecteurs et contrôleurs de l’Inspection Générale de l’Etat apparaissent comme des brutalités politiques mais elles sont surtout la manifestation de la négation absolue de l’Etat de droit. Si l’Inspection Générale de l’Etat doit fermer les yeux sur certaines dérives graves du régime, on suppose qu’il doit en être de même pour l’Inspection Général de la Justice et l’Inspection Générale des Finances. Toutes les Inspections Générales doivent faire preuve d’obéissance à un régime qui est le maître de nos existences. Dans ces conditions, ce n’est pas par hasard ou par plaisir si les bailleurs de fonds dénoncent la mauvaise gouvernance qui sévit à Madagascar. Il est logique qu’ils ne financent qu’au compte-gouttes un régime qui base sa « Force Nouvelle » sur une régression perpétuelle en faisant obstruction aux enquêtes et vérifications sur l’appareil étatique.
PN et Ranary
