Les nominations aux hauts emplois de l’Etat ne sont pas encore près d’être bouclées. La raison en est que le conseil des ministres de la semaine dernière a encore égrené son long chapelet de nominations. Il faut toutefois rappeler que le premier ministre Olivier Mahafaly est nommé depuis bientôt 2 mois. Il a été désigné à ce poste le 10 avril dernier. Or, les valses de nominations sont toujours synonymes de lourdeur administrative. Car les nouveaux ministres ou les ministres qui ont changé de secteur amènent toujours leurs propres équipes au sein des départements où ils travaillent. Dans la plupart des cas, les nouveaux responsables ne sont pas issus du secteur où ils sont amenés à travailler. Ce qui veut dire qu’ils doivent encore apprendre les tenants et aboutissants des activités qu’ils sont censés animer, diriger, développer, contrôler… Et si certains se plient à cet exercice, d’autres se contentent de percevoir leurs rémunérations élevées et les avantages divers. Mais une chose est sûre : les nominations dégradent souvent la qualité de services fournis par l’administration à cause des tâtonnements ou du manque de volonté des nouveaux responsables.
Des cadres de l’Etat expliquent qu’en général, il faut environ 3 mois pour que ces responsables commencent à maîtriser les arcanes du secteur où ils sont affectés. Autrement dit, si les nominations ne sont pas encore bouclées, il faudra attendre septembre ou octobre pour que les responsables nommés récemment travaillent comme il faut. Ce qui veut dire que rien de bien concret ne peut pas se faire 6 mois après la nomination du premier ministre ! Ce n’est pas une première mais comme le pays est au fond du gouffre depuis longtemps déjà, les dirigeants devraient faire preuve de célérité. D’ailleurs, ils ont déjà perdu 2 ans et demi puisque les résultats sont parlants. La croissance n’a été que de 3,2% en 2015 contre une prévision de 5%. Elle a été de 3,3% en 2014. Cette année, les dirigeants misent sur un taux de 4,5%. Mais rien n’est sûr quant à une éventuelle révision à la baisse de cette prévision. Il faut d’ailleurs remarquer que les prévisions inscrites dans les lois de finances depuis l’avènement du régime Rajaonarimampianina sont nettement inférieures à celles du Plan national de développement (PND).
Les chocs exogènes comme le ralentissement des économies développées et émergentes n’expliquent pas tout, même si une bonne partie de la croissance dépend du secteur minier d’exportation. Le climat des affaires et la mauvaise gouvernance des affaires nationales ne favorisent pas la croissance. Ces problèmes sont encore aggravés par les longues nominations et l’instabilité du régime actuel observée à l’aune du changement quasi-annuel de premier ministre. En fin de compte, les dirigeants eux-mêmes participent à l’instabilité du pouvoir.
Fanjanarivo