26 milliards de dollars. C’est le revenu tiré en 2015 par les Etats et collectivités dans la vente de carbone. Ce chiffre est tiré de Cabon pricing watch 2016 et il fait état d’ne hausse de 60% par rapport à l’année précédente. Ainsi, la Banque mondiale avance que les pionniers du prix carbone engrangent les revenus tirés des émissions. Madagascar est parmi les pays qui bénéficient de cette initiative issue du protocole de Kyoto. En mars 2014, l’aire protégée de Makira composée de milliers d’hectares de forêts et située dans le Nord-est du pays, a généré 400 000 dollars, selon les données de l’ONG Wildlife conservation society (WCS). Par ailleurs, les 9 millions d’hectares de forêts de la Grande Ile devraient générer 6 millions de dollars par an, d’après l’estimation de l’Alliance voahary gasy (AVG) ou la plateforme de la société civile oeuvrant pour l’environnement. Ce montant n’est pas rien, il est l’équivalent d’environ 18 milliards Ar. C’est plus du 1/3 du budget alloué au ministère en charge de l’Environnement et des Forêts pour cette année 2016. Il s’aligne même au budget du ministère des Ressources halieutiques et de la Pêche (un peu plus de 18 milliards Ar).

Comme quoi, si le pays fait de manière optimale la promotion de la vente de carbone en échange de la pollution émise par les pays riches et industrialisés, il devrait en tirer un revenu substantiel. La Banque mondiale note, en effet, que les premières initiatives déployées par les pouvoirs publics pour donner un prix à la pollution au carbone montrent que l’atténuation des émissions constitue une source de revenus de plus en plus importante. Les données évoquées plus haut l’attestent. De plus, la dynamique créée par l’accord de Paris à la suite de la conférence internationale sur le changement climatique (COP 21) en décembre dernier, va étendre la tarification du carbone. Depuis l’année dernière déjà, 4 nouveaux dispositifs de tarificaton ont été lancés ou en gestation en Corée, au Portugal, dans la province canadienne de Colombie-Britannique et en Australie. Quant à la Chine, elle envisage de mettre en place en 2017 un système national d’échange de quotas d’émission de carbone. Le rapport Carbon pricing watch 2016 estime que la valeur de l’ensemble de toutes ces initiatives pourrait situer le marché du carbone à 100 milliards de dollars.

D’ores et déjà, le Mexique a engrangé près de 1 milliard de dollars de taxe carbone en 2014. Et il projette d’instaurer un registre national des émissions pour ouvrir un marché national du carbone d’ici 2018. Le Canada travaille dans le même sens… Comme quoi, des pays n’attendent pas pour profiter de la dynamique créée par l’accord de Paris. Pour Madagascar, les dirigeants étaient à la COP 21 pour quémander des financements, comme ils le font pour la quasi-totalité des initiaives pour le développement. Certes, les pays riches (7 sur 10) sont sur la liste des Etats qui tirent le plus de revenus carbone, mais une quarantaine de pays, plus de 20 villes et Etats fédérés ou provinces, ont donné un prix carbone. Ils représentent le 1/4 des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Tous les instruments de tarification du carbone totalisent 7 gigatonnes d’équivalent CO2, ou 13% des émissions mondiales. Ce volume équivaut à la fermeture sur une année de plus de 1 800 centrales électriques à charbon. Leur valeur totale se chiffre à environ 50 milliards de dollars. Donner un prix à la pollution carbonique offre aux pays un moyen de réduire les émissions tout en incitant le secteur privé à investir pour une croissance moins polluante et plus verte.

Fanjanarivo