Comme tous les ans, Madagascar est en préparation de la fête nationale, le 26 juin prochain.Plusieurs animations sont au programme. Les commerçants des drapeaux, des lanternes, des pétards, des feux d’artifices et autres décorations pour la festivité se multiplient petit à petit. Cette année, les marchands de lanterne sont constaté que l’acculturation pèse lourd. Ils affirment que la majorité de leurs clients préfèrent acheter les lanternes chinoises au lieu des lanternes traditionnelles. « La plupart de nos clients qui ont des enfants se focalisent sur des lanternes chinoises ayant la forme des personnages de dessins animés », a affirmé Antsa Randrianony, vendeuse. Selon cette vendeuse, le marché de « 26 juin » ne commence qu’à partir du 20 juin, comme celui de l’année dernière. « Nous parviendrons à écouler en une journée que 4 lanternes et quelques produits liés à la fête», a ajouté Randrianony. Le prix des lanternes varient de 300 à 10.000ariary. Les commerçants et les couturiers des drapeaux se plaignent aussi. « J’arrive à coudre 15 drapeaux et d’en vendre que 3 seulement par jour », a martelé Miarisoa, couturière et vendeuse de drapeaux, Analakely. Le prix des drapeaux compris entre 1.500 et 40.000 ariary, selon la taille et la qualité. Pour cette année, la vente et l’usage des pétards et des feux d’artifices sont réglementés, autrement, pas comme l’année dernière. Les situations économique et sociale des gens, l’esprit de drapeaux reflétant l’unité et le patriotisme est de moins en moins considéré. « Acheter et attacher un drapeau n’est pas prioritaire pour nous», a mentionné Felana, une mère de famille. Selon elle, la sensibilisation des gens sur l’usage des drapeaux n’est pas nécessaire, parce qu’appartenir à une nation libre devrait être une fierté et venir de soi. L’indépendance est une fierté, c’est aussi une bataille qui requiert des efforts continus et multisectoriels. Il se paye par des travaux.
Le thème de cette année : « Madagascar moderne et prospère, un objectif partagé ». Ce thème attise des questions. Va-t-il rester comme un thème ordinaire ? A titre de rappel, dans son discours de l’année dernière, le président a utilisé la maxime : « ce n’est pas celui qui court qui atteint son objectif, mais celui qui marche sans s’arrêter. De la même manière, ce n’est pas en courant qu’on dirige un pays. Il y a beaucoup de choses à considérer pour établir des bases solides avant la concrétisation ». Si nous faisons une rétrospective… peut-être que le gouvernement perds trop de temps dans d’établissement des bases solides pour la concrétisation ? Quel espoir de développement nous apporte ce thème du 56ème anniversaire de l’indépendance du pays ? Le pays est noyé dans la misère, les bidonvilles, les chômeurs ne cessent d’augmenter, les routes sont en piteux état, l’insécurité et la corruption règnent. Sans oublier l’existence des endettements, des projets inachevés, de l’insécurité alimentaire, des grèves, de l’instabilité politique… A 56ans d’indépendance, Madagascar est embrouillé dans un avenir douteux. Posséder son propre hymne national, ses armées, sa langue maternelle et son drapeau fait d’un pays un pays indépendant. Mais, ceux ne sont que des éléments primaires. Etre indépendant demande des engagements, des prises de conscience et de décisions, des évolutions. Notre pays est loin d’être indépendant notamment sur le point de vue socio-politique. Elle se base sur des aides des bailleurs de fonds (PTF) étrangers. Du côté culturel : notre langue maternelle perd sa place, voire utilisée (parlée) mais fusionnée avec d’autres langues… Les influences étrangères font ravagent sur tous les plans. Bref, avoir 56 ans en âge devrait présenter des traits dominants comme la maturité, la bienveillance… Afin d’assurer un équilibre intérieur, Madagascar doit s’élever pour prendre du recul sur lui-même, apprendre à mieux gérer sa situation. Ainsi, il pourra trouver un équilibre qui lui permettra de mieux s’avancer, outre de s’occuper de ses projets. Ce sous-nombre présente un bon potentiel si on est déterminé à construire et à surmonter les obstacles.
Malalanirina