Le régime ne cesse de se tromper de cibles et de combats. A titre d’exemple, il déploie de gros moyens pour traquer les citoyens qui exercent leur liberté d’expression et pour mieux dissimuler son incapacité à mettre hors d’état de nuire les bandits qui opèrent en zone rurale et en un milieu urbain. Les véritables ennemis du régime ne sont ni les politiciens, ni les hommes d’affaires, ni les parlementaires, ni encore moins les journalistes. Nos dirigeants politiques devraient plutôt se méfier de l’inflation galopante. En raison du marasme économique, les commerçants et les sociétés commerciales souffrent d’une stagnation, voire même d’une baisse drastique, de leur chiffre d’affaires. Parallèlement, les charges d’exploitation, financières et exceptionnelles grimpent en flèche. Les chefs d’entreprise n’ont pas d’autre choix que de s’adapter à la conjoncture en ajustant leurs tarifs. Ils ne peuvent pas faire autrement s’ils veulent préserver l’activité, les emplois et la marge bénéficiaire quand il en reste. Par un effet démultiplicateur, tous les prix augmentent et les denrées alimentaires en premier. L’inflation est donc l’ennemie du régime mais pas uniquement, c’est l’ennemie de toute la population. Les preuves de la hausse de l’inflation sont là mais le Chef de l’Etat les ignore, exactement il le fait pour la famine et la pauvreté. Face à l’augmentation générale des prix, il est légitime que les syndicats réclament une hausse de la rémunération des travailleurs qui connaissent des fins de mois difficiles. Faute de pouvoir lyncher l’inflation qui est une ennemie invisible mais palpable, le régime va-t-il continuer à harceler, perquisitionner et emprisonner les meneurs de grève et autres porte-paroles des concitoyens affamés ? Le mécontentement socioéconomique est en passe de rejoindre la grogne politique. Les émeutes de la faim auront le dernier mot. Dans ce climat de tension irrespirable, l’expert-comptable qui nous gouverne n’aura pas d’autre alternative que de déposer le bilan.

M. GASPARD