Notre article de samedi sur le décès de Mohamed Abdelaziz, chef historique de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) et du Polisario, le bras armé de celle-ci, a attiré l’attention sur ce pays qui n’existe pas. Des lecteurs nous ont interrogé sur la situation actuelle des relations diplomatiques entre les deux « pays ». Rappelons que, tout de suite après le retrait de l’Espagne de sa colonie du Sahara dite Rio Muni en 1975, le Maroc a envahi ce territoire voisin en invoquant ses « droits historiques ».

En opposition à cette annexion, un mouvement de résistance armée dénommée Polisario y est né, de même que la République RASD. Madagascar, sous l’impulsion de l’amiral Ratsiraka, chef d’Etat, fut le premier pays au monde à reconnaître la RASD. En tout cas, sous la Révolution socialiste malgache (1975-1991), des rapports particulièrement étroits unirent Madagascar à la RASD. C’est ainsi que l’« ambassadeur » de la RASD à Antananarivo fut entretenu par l’Etat malgache au niveau du salaire, du loyer et de la subsistance en général. Que sont devenues ensuite ces relations privilégiées ?

Elles ont été maintenues tant bien que mal pendant plusieurs années, mais en avril 2005, lors d’un voyage officiel au Maroc, le chef d’Etat Marc Ravalomanana a suspendu la reconnaissance de la RASD et du Polisario. Et ce, selon lui, en attendant que l’Union africaine et l’Onu statuent sur le sort de ce territoire controversé. Notons que ces deux entités prônent pour l’ex-colonie espagnole une solution négociée. D’ailleurs, Didier Ratsiraka, chaud partisan de la RASD, a mis de l’eau dans son vin et a pris quelques distances vis-à-vis de cette dernière.

En 1999, par exemple, lors du décès de Hassan II, ce chef d’Etat malgache a surpris en se rendant aux funérailles à Rabat de ce roi du Maroc qui a annexé l’ex-Sahara espagnol. En tout cas, l’ « ambassadeur » de la RASD à Antananarivo a fait ses valises en 2005, tandis que le pays rival, le Maroc a nommé un ambassadeur en la personne de Mohammed Amar. Ce dernier a donné une forte impulsion aux relations malgacho-marocaines, au point de faire oublier ici la RASD et de faire pencher les cœurs du côté marocain. Son action ayant été appréciée par son gouvernement, il est maintenu à son poste depuis plus de dix ans, devenant l’actuel doyen du corps diplomatique à Antananarivo.

A.R.