Hormis les perturbations du calendrier scolaire 2015-2016 suite aux vagues de manifestations perpétrées par les enseignants depuis l’année dernière, les dates prévues pour la tenue de la plupart des examens officiels restent inchangées.

Le Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires (CEPE) aura donc lieu le 05 juillet prochain. En outre, comme le précise l’enseignant d’universités promu à la commande de la direction générale de l’Education fondamentale et de l’alphabétisation (DGFA) du ministère de l’Education nationale lors d’une interview, Todisoa Andriamampandry, les modèles des sujets seront non seulement différents de ceux des années précédentes mais encore plus, rendus difficiles. Cette disposition a été prise par le ministère, explique-t-il, afin d’améliorer le niveau des élèves. Cela va peut être diminué le taux de réussite, reconnait-il, mais l’essentiel pour lui c’est avant tout « la performance de ceux qui réussiront.»

En effet, face à cette mesure que nous jugeons d’emblée non prioritaire, on ne peut pas s’empêcher de poser quelques questions légitimes: que vont devenir les candidats malheureux qui constitueront à coup sûr la grande majorité des élèves, surtout pour un pays comme le notre où le taux de scolarisation et celui de décrochage scolaire figurent parmi les plus bas en Afrique subsaharienne ? De plus, leur échec dépend t-il réellement d’eux-mêmes ? La réponse est immédiatement non, puisque de toute évidence, le niveau scolaire de ces élèves est déjà dans un état critique. A ce stade donc, rendre les sujets plus difficiles n’est pas la solution optimale si vraiment le résultat escompté est la « performance » de ces écoliers comme le « DGFA » voulait nous faire croire. Au contraire, elle ne fera qu’empirer les choses.

Pour éviter toute dégénérescence, il faut, au préalable, orienter la démarche vers la remise en question des compétences, et d’un des responsables législatifs, techniques et administratifs, et de deux du corps enseignant avant de s’attaquer à celles des élèves. Bref, il n’est pas encore trop tard de faire machine arrière car, comme on dit, « seules les imbéciles ne changent pas d’avis. »

Rivo Raphaël Chreçant