Pour les gourous et les zélateurs d’un régime qui s’essouffle jour après jour sous les tirs de barrage de l’opinion titillée par les médias, les syndicats, la société civile, les militaires et les Eglises, la meilleure porte de sortie pour Hery Rajaonarimampianina le premier président de la 4ème République serait d’écourter son mandat.
Ce faisant, les stratèges de ce plan B très acrobatique tablent sur l’effet de surprise afin de prendre de court les concurrents éventuels. Ils croient pouvoir profiter ainsi d’un mirage du reliquat de sympathie illusoire qu’ils s’imaginent encore disposer. Pour ce faire, la démarche envisagée sera de prendre de vitesse les candidats éventuels qui ne s’attendraient pas du tout à une telle ruse. A la base de cette précipitation tactique, les observateurs soupçonnent le recours aux avantages des documents électoraux mis à disposition par les services administratifs d’un ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation. L’exploitation unilatérale sous la couverture d’un véritable délit d’initiés, le parti au pouvoir ayant facilement accès à toutes données utiles n’aura aucune difficulté d’ores et déjà de préparer le terrain sur tout le territoire national afin de mettre en place les hommes, les moyens matériels et financiers qu’il faut pour les besoins de la cause. Facilité que personne ne va mettre à la portée du premier venu qui prétendra briguer une candidature concurrente. Mais le handicap principal de cas de figure sera le fait que son application dépendra en tout et pour tout du bon vouloir du premier intéressé en personne. La grande question est de savoir : est-ce que l’actuel président de la République en place aura suffisamment de confiance en la personne d’Honoré Rakotomanana à qui en cas de vacance de pouvoir sera remis les pleins pouvoirs ? Avec le caractère méfiant qu’on lui connaît, une telle éventualité n’est pas envisageable. Le premier président de la 4ème République est surtout connu par son côté versatile auquel s’ajoute cette tendance aux sautes d’humeur accompagnées de « beaucoup d’idées et de projets réalistes et irréalistes ». La seule version valable pour cette porte de sortie sera le recours à la mise en place d’un homme de confiance de la première heure comme Roger Kolo. A condition de confier à ce docteur la présidence du Sénat d’une manière ou d’une autre avant que s’applique le dernier alinéa de l’article 52 de la constitution sur le cas d’empêchement du président du Sénat constaté par la H.C.C. .On évite ainsi l’immixtion collégiale du Gouvernement une éventualité à risques à éviter pour le bon déroulement des futures élections. Que les âmes susceptibles se rassurent, il ne s’agit là que d’étude d’un cas de figure…comme un autre.
Dans les rangs des personnalités qui se déclarent dans l’opposition, bon nombre de faiseurs d’opinion se déclarent favorable à une échéance normale du président actuel. Pour justifier leur choix, ils avancent la crainte des risques d’une crise qui ne fera que conforter la position d’un Chef d’Etat soutenu à fond par la Haute Cour Constitutionnelle dont le président qui n’est même pas un magistrat a été choisi et nommé par Hery Rajaonarimampianina. Ils envisagent d’avoir recours à la possibilité (on ne sait comment) d’un environnement institutionnel dégagé de toutes les complicités ambiantes. A leur avantage, ils tablent sur le poids d’un électorat qui, jusqu’à la date des prochaines élections présidentielles, sera suffisamment mûrs et conscients du poids et des enjeux de leurs votes. Un optimisme de ce calibre selon eux va consolider à mesure que se met en place les opérations de conscientisation. Sans l’avouer, certains d’entre eux aussi misent sur les dégâts que ne manqueront d’entraîner les retombées négatives pour le pouvoir en place de ces carences et scandales déstabilisateurs sur l’image du candidat du parti H.V.M. Qui nous dit justement que les conséquences de ce procès de Singapour et les dossiers pourris des trafics de bois de rose n’égratigneront pas l’image de l’actuel président ? A mesure que l’échéance normale approchera, le temps au lieu de travailler pour l’ancien ministre des Finances et du Budget de la Transition, finira par esquinter durement ses chances de réélection. A cause de son mutisme compréhensible sur ces affaires. Il semble oublier que le silence sur l’injustice qui prévaut actuellement ne peut que le rendre complice de tous les maux que tout le monde condamne.
N.Razafilahy
