Bouillant administrateur civil qui ne ménage pas l’actuel régime, Maharavo Ratolojanahary a reçu du ministère de l’Intérieur une « demande d’explication ». Selon lui, il s’agit d’un prélude à une suspension de sa solde, suivie de son éviction de la Fonction Publique. En tout cas, ce fut pour lui l’occasion de tirer à boulets rouges sur le ministère de l’lntérieur, le département nourricier des administrateurs civils. D’autant que l’homme a été placé en disponibilité, c’est-à-dire que s’il perçoit encore sa solde, par contre aucune fonction ne lui a été attribuée au sein du ministère. Selon lui, ayant sollicité un poste de chef de région au ministère de l’Intérieur, on lui a réclamé un « droit » de 100 millions de francs. Idem a-t-il ajouté pour ce qui est des postes de chef de district, de préfet ou de directeur de ministère. Il a signalé la présence au ministère de l’Intérieur d’un directeur de service inamovible depuis le ministre Soja (2002-2005), et qui doit sa bonne fortune à la remise d’une grosse enveloppe périodique à qui de droit. En tout cas d’après Maharavo Ratolojanahary, si un terme n’est pas mis à la persécution dirigée contre sa personne, il va déballer publiquement des dossiers se rapportant à la corruption et aux détournements de fonds au sein du ministère…
Notons que Maharavo Ratolojanahary est un ami du Premier ministre Mahafaly Olivier. Pour la simple et bonne raison que tous les deux sont de la troisième promotion de l’Enam (Ecole Nationale d’Administration de Madagascar). Beaucoup d’administrateurs civils membres du staff du Premier ministre (qui est aussi le ministre de l’Intérieur) sont aussi des condisciples de Maharavo Ratolojanahary à l’Enam. Mais l’homme tenant publiquement un discours d’opposant, ses collègues le considèrent comme un pestiféré et le fuient. Rappelons qu’à la tête de la centrale syndicale Afo, Maharavo Ratolojanahary a adressé au Bianco une plainte pour « délit de corruption des dirigeants » qui gène beaucoup le régime.
A.R
