Il y a tellement d’inaugurations de tout et n’importe quoi, d’ateliers organisés dans des hôtels luxueux avec ce que ça peut coûter en termes de pause café, de promesses des divers responsables à tous les niveaux que l’on vienne à se demander si nos dirigeants savent exactement la portée de ce qu’ils disent, de ce qu’ils signent, des engagements qu’ils prennent.

Ainsi, on parle beaucoup de favoriser l’éducation mais les responsables sont assurés qu’il suffit de construire des salles de classe sans enseignants qualifiés et de distribuer des tablettes.

Dans la même veine, on parle beaucoup de lutte contre la pauvreté, on s’endette pour lutter contre la pauvreté, on organise des ateliers dont l’objet diffère mais avec toujours en toile de fonds la lutte contre la pauvreté et pourtant le président de la république lui-même n’est pas sûr de la réalité de la pauvreté à Madagascar.

On parle beaucoup de protection de la faune et de la flore mais au final ce sont les autorités des autres pays qui interpellent et découvrent que l’on peut sortir tranquillement des frontières malgaches des centaines de tortues, d’hippocampes et des containers entiers de bois de rose. Au final, on applaudit même les trafiquants notoires et mieux que cela les hauts responsables interviennent pour rendre la liberté à des personnes fortement soupçonnées dans les trafics si bien que même les chancelleries étrangères osent le dénoncer.

Pareillement, on parle beaucoup de la lutte contre la corruption mais les décideurs ne sont pas sûrs de la nécessité de lutter contre la corruption, ainsi tout en reconnaissant que la corruption est une véritable plaie qui empêche le développement du pays, on promulgue des lois et on met en place des entités tout en brandissant à chaque occasion la fameuse immunité devenue une impunité et on ferme tout simplement les yeux sur les dérives des copines et copains.

On parle beaucoup de développement mais en réalité nos dirigeants sont-ils convaincus de son utilité et surtout connaissent-ils d’autres formes de développement en dehors de leur développement personnel qui s’entend de plusieurs kilos en surplus, des voyages autour du monde, un compte en banque bien garni, des investissements immobiliers en dehors du pays?

Enfin, on parle beaucoup d’actes de déstabilisation, de projets de coup d’Etat mais quasiment jamais de projet de société ! Et on va tranquillement vers les 56 ans d’indépendance de Madagascar que les dirigeants vont encore fêter avec faste…tandis que la population elle est épuisée !

Anaïs T.