Les craintes des journalistes, à propos du projet de Loi sur la Communication, se confirment. Leur mobilisation est donc nécessaire, justifiée et encouragée. Que le régime se rassure! Les journalistes ne vont pas descendre dans la rue. Ils vont discuter des feintes et tromperies aggravées qui enveloppent cette loi. Celle-ci les touche en premier lieu en leur qualité de professionnels, mais elle concerne aussi toute la population car la liberté de la presse va reculer et la liberté d’expression est menacée, une fois de plus. Sur les ondes de la radio Free-FM (104.2), la journaliste d’investigation Lalatiana Rakotondrazafy a attiré l’attention des auditeurs sur la stratégie fourbe de nos dirigeants qui veulent obtenir le vote de cette loi par les députés, en catimini et dans la précipitation, avant la célébration de la Fête Nationale. Le régime actuel s’était engagé à dépénaliser les délits de presse, comme c’est le cas dans les nations modernes. Pendant un court instant, on s’est mis à espérer à une avancée démocratique. Pourtant, la réalité est toute autre. En effet, si le projet de loi controversé abroge expressément la Loi n° 90-031 du 21 décembre 1990 sur la Communication et l’Ordonnance n°92-039 du 14 septembre 1992 sur la Communication Audiovisuelle, il n’abroge pas l’article 20 de la Loi n°2014-006 du 19 janvier 2014 sur la Cybercriminalité. Pour rappel, cet article 20, déjà décrié, contient des peines d’emprisonnement allant de six mois à dix ans. Le régime excelle dans l’art de la manipulation. En effet, d’un côté, il veut apparaître ouvert, libéral et bienveillant en dépénalisant les délits de presse mais d’un autre côté, il fait preuve de tyrannie en renforçant l’outil répressif concernant les systèmes d’information. Il fallait bien qu’il trouve une astuce pseudo-légale pour censurer les journalistes et les bloggers qui auraient l’audace de révéler et de relayer des faits criminels et délictueux impliquant les détenteurs du pouvoir jamais repus. Pour éviter des cris et des pleurs sans fin, les professionnels des médias ont intérêt à se mobiliser.
Phil de Fer
