Les cours gratuits en ligne sur le partenariat public-privé (3P) ont démarré officiellement hier dans les locaux de la Banque mondiale. Ils font partie des formations organisées à titre gracieux par cette institution internationale. Les cours sont dispensés par des enseignants et experts de haut niveau issus d’établisements prestigieux comme l’université de Harvard. Etalés sur 4 semaines, ceux pour les 3P porteront sur la réduction du déficit d’infrastructure et le rôle des 3P, les bonnes décisions en matière légistive et institutionnelle, l’engagement des partenaires et la passation des 3P, l’obtention du partenariat réussi et la mise en œuvre des 3P. A Madagascar, le pays dispose d’une loi votée l’année dernière, après que plusieurs régimes aient promis de le faire. En effet, le texte devant régir les 3P a été élaboré depuis le régime Ravalomanana. Il a donc fallu plus d’une décennie pour que cette loi ait vu le jour. Il faut toutefois souligner qu’elle n’est pas encore vulgarisée. Sous le précédent gouvernement du régime actuel, il était question de mettre en œuvre ce texte. L’initiative venait du ministère en charge des Projets présidentiels et de l’Aménagement du territoire. Mais finalement, cette mise en œuvre ne s’est pas concrétisée. On attend encore les décrets d’application.
Plusieurs secteurs peuvent toutefois profiter de cette nouvelle loi et de ses futurs décrets d’application. On peut citer l’électricité où des loueurs de groupes et des fournisseurs d’électricité privés travaillent depuis des décennies avec la Jirama. Certes, il faut au préalable mener un audit indépendant sur ces contrats, mais la loi sur les 3P pourrait être d’un grand secours pour réviser ou résilier ce qui ne cadre pas avec les besoins et les moyens de la Jirama. D’aucuns connaissent la profonde crise qui secoue cette société nationale d’eau et d’électricité et ces contrats font partie de ses problèmes. Les cours organisés par la Banque mondiale pourraient étoffer les réflexions sur les 3P à Madagascar, d’autant plus que le texte y afférent requiert encore des décrets d’application. Ils pourraient aussi développer ce mécanisme, non seulement dans le secteur électricité, mais également dans d’autres secteurs comme les infrastructures de transports, des services dans le secteur santé… Si le climat des affaires laisse encore à désirer et n’incite guère les investissements privés, les 3P pourraient pallier ce problème et relever le niveau d’investissement dans les infrastructures. Le pays souffre dans ce secteur-là avec 15% de taux d’électrification, 60% des communes non accessibles tout au long de l’année, etc.
Or, le gouvernement n’a pas toujours les ressources nécessaires pour remédier à l’insuffisance de l’investissement privé. Puis, il gère mal le peu que l’Etat a dans sa caisse : les dépenses de fonctionnement avoisinent les 70% et on ne parle pas des gaspillages dans les voyages massifs à l’étranger des hauts responsables, à commencer par le président de la république… L’investissement public ne bénéficie donc que des miettes. La Banque mondiale estime que les partenariats public-privé (PPP), longtemps utilisés pour financer et construire les infrastructures, peuvent être une option viable pour le développement d’infrastructures s’ils sont mis en place dans de bonnes conditions. Par la même occasion, ces infrastructures engendreront la croissance et fourniront des services publics de base de qualité aux citoyens.
Fanjanarivo