Plus de 31,4 milliards Ar. Les pertes de la Jirama pour le secteur électricité sont à ce niveau pour les deux premiers mois de l’année 2016. Partant des dernières données du Tableau de bord économique (TBE) de l’Institut national de la statistique (INSTAT), l’on peut calculer la différence entre la production et la consommation. Et c’est cette différence qui donne des pertes de 81 217 000 kWh. Avec un prix moyen à 387 Ar/kWh, elle équivaut à des pertes de 31 430 979 000 Ar. Ce chiffre est en hausse par rapport aux pertes de l’année dernière sur la même période. Pour les deux premiers mois de l’année 2015, les pertes dans le secteur électricité ont dépassé les 29 milliards Ar pour la Jirama avec une différence entre la production et la consommation de 75 552 000 kWh et un prix moyen de 385 Ar/kWh. Si le rythme du début d’année est maintenu pour 2016, la Jirama risque d’afficher des pertes avoisinant les 190 milliards Ar rien que pour l’électricité. Un risque qui est réel étant donné qu’en janvier et février, soit en pleine période de pluies, la production hydroélectrique a régressé de -1,3%. En revanche, la production issue des centrales thermiques et qui fonctionnent donc au gasoil, a affiché une hausse de +21,6%.

En réalité, la Jirama est loin d’adhérer à la politique de transition énergétique focalisée sur la promotion des énergies renouvelables et l’abandon progressif des énergies fossiles. Par la même occasion, il se peut que cette année, le montant des subventions pour l’achat de produits pétroliers destinés à la Jirama augmente pour dépasser les 200 milliards Ar. Et il faut d’ailleurs souligner que ces subventions approchent du montant des pertes de la Jirama, rien que pour l’électricité. Cela veut dire que si cette société n’est pas en permanence sous perfusion, une opération soigneusement entretenue par l’Etat unique actionnaire, elle aurait déjà fermé boutique depuis belle lurette. Cette situation explique le manque de volonté de l’Etat de sortir cette entreprise de la longue et complexe crise dans laquelle elle est enfoncée depuis plus d’une décennie. Certes, l’accord conclu récemment avec le FMI est assorti d’un important programme de réforme de la Jirama, mais il faut attendre pour voir. En effet, cela fait plus de 2 ans que cette société est censée démarrer les activités devant s’inscrire dans son redressement. Mais rien de bien concret n’a encore vu le jour et ce, après le passage de trois ministres en charge de l’Energie.

L’un d’entre eux a élaboré en 2014 une stratégie claire qui vise non seulement le redressement de la Jirama mais également la transition énergétique. Seulement, il a été évincé de son poste après avoir tenté de mettre un terme à des pratiques louches qui minent la Jirama depuis des lustres. Ces pratiques-là touchent de gros intérêts établis, notamment dans le secteur électricité. Mais il faut savoir que ce secteur n’est pas le seul à souffrir. La Jirama enregistre aussi des pertes dans le secteur eau. Une exception est toutefois notée pour les deux premiers mois de cette année : si la production a été de 8 821 000 m3 avec un recul de -63%, la consommation a été de 11 941 000 m3. Seulement, il faut souligner qu’en 2015, les pertes pour le secteur eau ont été de 68 143 000 m3, contre 33 394 000 m3 en 2014.

Fanjanarivo