Ratsimanosika Jean-Paul est agent de sécurité dans une banque de la partie nord de la capitale. Il y a moins d’un mois, il a été victime d’un incident par rapport à l’exécution de son travail, notamment face à un ancien haut fonctionnaire de l’Etat, qui lui a valu une enquête policière précédée d’une violente arrestation. La victime s’exprime sur sa mésaventure.

La scène se déroule un samedi, journée à laquelle les distributeurs automatiques de billet ou (DAB) sont massivement utilisés. « Un homme portant une casquette qui ne permet pas de voir son visage s’est approché pour se servir du DAB, je lui ai donc expliqué que pour des raisons de sécurité, c’est interdit et qu’il fallait que son visage soit à découvert, paroles auxquelles il n’a donné aucune réaction», explique Jean Paul. Il insiste donc face au silence de l’homme à casquette, c’est alors que ce dernier se mit à bloquer l’entrée du DAB, alors qu’une longue queue attend derrière lui, tout en appelant des policiers prétextant un harcèlement. «Ils étaient environ 6 ou 7 munis de leurs armes pour m’arrêter, comme si j’étais un grave criminel, alors que je ne faisais que mon travail ! », se plaint l’agent de sécurité en question.  Il a ainsi été emmené au commissariat pour une enquête à la suite de laquelle il a été relâché car rien ne l’inculpait de quoi que ce soit, d’autant plus que la caméra de surveillance de la banque était en marche. C’est au poste de police que l’homme à casquette s’est révélé être un ancien haut fonctionnaire de l’Etat. A noter que ces règles de sécurité sont affichées sur les lieux et appliquées sur tous les distributeurs automatiques de n’importe quelle banque à Madagascar et ailleurs. « Ces règlements sont là pour assurer la sécurité, similaire à la mise en place de la caméra de surveillance, et il n’existe aucune exception en matière de personne ou autre par rapport à ces règles », explique toujours l’agent de sécurité. Il ajoute que cette scène n’est qu’un exemple et que ces actes sont mêmes répétitifs. Actes qui se propagent dans divers secteurs entraînant la mort dans certains cas. L’actuelle affaire n’a jusqu’à aujourd’hui aucune suite.

Pour rappel, un abus de pouvoir signifie, par définition élémentaire dans le langage juridique, un usage exagéré et injuste du pouvoir et/ou de la position dominante dont dispose une personnalité quelconque. A Madagascar, la sanction face à cet acte peut aller jusqu’à une peine pénale, d’après le code pénal de Madagascar. Des procédures qui existent et qui n’attendent qu’à être exécutées.

Propos recueillis par Nomena.