Publiées sous le titre d’Affaire Bangkok dans la presse de la capitale vers la fin du mois de mars de cette année, « Les informations confirment l’arrestation de trois Malgaches en Thaïlande (…)»). Puis ce scoop, sur une douzaine de containers de rondins de bois de rose interceptée par les autorités thaïlandaise en févier 2015, disparaîtra petit à petit du paysage médiatique local sous une avalanche de démentis et d’interventions officielles. Les effervescences des éleveurs des Antandroy, minières d’Antsirabe, de Moramanga et d’Anjojorobe finiront par reléguer au second plan les tribulations thaïlandaises de nos bois de rose.
Puis personne ne parlera plus des citoyens malgaches, impliqués dans cette affaire après la date du 24 mars 2016, parce que la ministre des Affaires étrangères, Béatrice Atallah, « a décidé de réagir que cette rumeur n’était qu’une information diffamatoire », répandue sur les réseaux sociaux sur « Matthieu Rakotoarimanana, fils de Hery Rajaonarimampianina qui aurait été arrêté en Thaïlande dans le cadre d’un trafic de bois de bois.» La ministre a même pris la peine d’appuyer sa déclaration en confirmant la présence du fils du chef de l’Etat en plusieurs endroits de la capitale la semaine suivant la période le buzz de cette affaire sur le Net. Faisant état des rapports émis par le consulat de Madagascar à Bangkok « pour appuyer l’inexactitude de l’information » et faire admettre à l’opinion qu’il n’y a pas eu aucune arrestation de Malgache en Thaïlande, Béatrice Atallah va enfoncer le clou jusqu’à s’en prendre aux médias.
Ces derniers, après les rumeurs persistantes, les dégâts et remous politiciens que pourraient provoquer le procès de Singapour dans les allées du pouvoir à Madagascar, des insinuations laissent entendre qu’avec les récusations du régime actuel sur l’Affaire Bangkok, les ennuis de certaines hautes personnalités et leur entourage ne sont que parties remises. Six personnes au moins seraient directement concernées… Le secret est bien gardé sur leurs identités. Pourquoi ? Et au profit de qui ou pour protéger quoi ? Des sources généralement bien informées se retranchent derrière le principe du respect de l’instruction pour ne rien dévoiler, tout en laissant cependant entendre et comprendre que le jour où la vérité ou plutôt les vérités sur cette affaire éclateront au grand jour, les barons de la 4ème République auront du mal à justifier certains aspects pas très reluisants des agissements de leurs proches parents dans les trafics de bois de rose.
Presque tous, parties prenantes lors de la Transition, les décideurs actuels sont pour la plupart impliqués dans ce commerce illicite des exportations des bois de rose depuis le lendemain des événements de 2009. Les confidences des membres du Task-Force diffusées en 2010 par la chaîne TV Plus révèlent les dessous et les coulisses institutionnelles de ces activités condamnables. Une liste détaillée de parrains et de leurs protecteurs circule sous le manteau. Surprise ! Elle dévoile des réalités qui vont à contrepied de ces affirmations et démentis distillés par les services officiels qu’on ne sait plus qui croire dans ces contes à dormir debout des égéries destinés berner les habitants de cette île.
N. Razafilahy
