C’est déjà la fête à l’ACM (Aviation civile de Madagascar) ! C’est toujours la fête pour le DG et sa fine équipe, précisent des sources internes à l’organisme. Les raisons exactes on ne sait pas mais on suppose aisément que cette satisfaction non cachée aurait nécessairement un lien avec l’annexe B.

             L’agence européenne de sécurité aérienne donnera, en effet, son verdict incessamment. D’un point de vue purement technique, les spécialistes sont on ne peut plus pessimistes quant à la levée de la sanction européenne. Sans entrer dans les détails, ils expliquent que chez Air Madagascar ; une bonne partie des avions sont sur le tarmac, en panne. Soit la compagnie nationale ne dispose pas des moyens techniques pour les refaire décoller, soit elle n’a pas la capacité financières. Dans tous les cas, elle manque de capacité pour réparer et partant pour assurer la maintenance. Le retrait d’Air Madagascar de la chambre de compensation de l’IATA n’est pas pour arranger les choses.

             La situation est d’autant plus grave que l’organisme en charge de la sûreté aéroportuaire qu’est l’ACM, n’est pas non plus crédible. Ces derniers mois, les trafics en tous genres se multiplient à l’aéroport d’Ivato où transitent « librement » drogues, animaux et certainement devises, pierres précieuses et or également malgré l’existence d’un système de surveillance et de contrôle hypersophistiqué et des hommes et femmes qualifiés en la matière. A croire que les « trous » sont volontairement créés pour des motifs bassement matériels mais aussi pour décrédibiliser le système sans se soucier des risques en matière de terrorisme et de notoriété pour le pays.

             De plus en plus, les observateurs n’excluent point une pression de la France pour la sortie d’Air Madagascar de l’annexe B. L’argument technique serait simple : le seul avion de la compagnie nationale malgache est déjà entretenue en Europe et ne peut l’être ailleurs, l’autre Airbus A340 n’ayant aucune chance de décoller à cause des problèmes financiers. L’autre raison avancée serait la recherche en cours de partenaire stratégique qui n’est ni plus ni moins qu’une privatisation. Le retrait de l’Annexe B serait alors un plus pour faciliter l’absorption d’Air Madagascar par une autre compagnie.

           Quelque soit la décision de l’Agence européenne de sécurité aérienne sur Air Madagascar, James Andrianalisoa se sentirait toujours victorieux. Si l’annexe B est maintenu, il est en phase avec son incompétence et ses agissements. Si la compagnie nationale n’est plus sous sanction, il aurait atteint sa mission d’avoir maintenu Air Madagascar sous l’annexe jusqu’à ce que cette dernière perde ses ailes et se faire racheter pour une bouffée de pains. En prime, il se fera muter dans une ambassade. C’est le changement de M. Rajaonarimampianina.

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