A la suite d’un appel d’offres rock’n’roll, la concession des aéroports internationaux d’Antananarivo et de Nosy Be a été accordée au consortium ADP-Bouygues-Colas-Meridian. Les travaux avancent à pas de tortue à Antananarivo-Ivato et n’ont pas démarré à Nosy Be-Fascene. A qui doit-on imputer la faute si le partenariat entre l’Etat Malagasy et le consortium n’a pas été à la hauteur des espérances ? D’un côté, les autorités malgaches n’ont pas fait preuve d’un grand enthousiasme au niveau des autorisations et des facilitations. Des lenteurs ont été particulièrement constatées au niveau du Ministère des Finances et du Budget. Comme à l’accoutumée, dès que les politiciens malgaches ont perçu leurs commissions, ils se sont désintéressés de la phase opérationnelle du projet. D’un autre côté, le consortium français a longtemps prétendu qu’il n’arrivait pas à obtenir un financement auprès des banques de la place. Cette excuse est aussi grotesque que fallacieuse. Si les grandes sociétés qui composent ce consortium ont été retenues, c’est parce qu’elles offraient de sérieuses garanties financières. A titre de preuve, le chiffre d’affaires cumulé de ces entités est supérieur au budget de l’Etat malgache. Etant donné que de nombreuses obligations contenues dans le contrat dit BOT (Build-Operate-Transfer) n’ont pas été respectées, un partage de responsabilités est évident. Les défaillances des deux parties mettent en valeur les limites du Partenariat Public-Privé tant glorifié. La durée de la concession est de 28 ans mais la collaboration résistera t’elle aux premières fausses notes, surtout lorsque l’on sait que l’aéroport d’Ivato, dans son état actuel, n’est pas en mesure d’accueillir dans de bonnes conditions les invités étrangers du Sommet de la Francophonie?

Ranary et PN