Les avis de crédits des agents de l’Etat ayant choisi le virement bancaire comme mode de paiement de leur solde, ne sont plus délivrés de manière systématique. Cette décision appliquée depuis le mois de mai dernier a été approuvée par une communication verbale en conseil de gouvernement mardi dernier. Elle s’inscrit dans la dématérialisation de l’administration publique. Cette décision est également motivée par plusieurs avantages dont une économie de 1,2 milliard Ar par an représentant les dépenses en papier pour l’impression de ces titres de paiement. On peut aussi citer la contribution à la protection de l’environnment dans la mesure où la production de papier est issue des forêts, la réduction des dépenses liées aux déplacements dans la capitale pour la récupération des titres de paiement des agents auprès des services déconcentrés. En réalité, cette décision ne peut qu’être applaudie. Seulement, elle ne représente que des économies de bouts de chandelle. Par contre, l’Etat a souvent l’habitude de gaspiller les deniers publics, notamment pour des postes budgétivores mais inefficaces comme les voyages du président de la république à l’étranger, les inaugurations officielles, les festivités assorties de milliers d’invités…

Si la version papier des avis de crédits coûte 1,2 milliard Ar par an, qu’en est-il des frais de voyages des hauts dirigeants et des festivités officielles ? Une seule dépense liée à ces opérations coûte assurément plus que ce montant, surtout s’il s’agit d’un voyage à l’étranger. Rappelons que dernièrement, le président de la république était à Istanbul en Turquie pour le somet humanitaire mondial. Il a débarqué dans la capitale turque à bord d’un avion privé et donc loué à prix d’or. Or, la compagnie Turkish airlines dessert la ligne Antananarivo-Istanbul. Ce qui veut dire que le président de la république aurait dû prendre un vol de cette compagnie, au lieu de louer un jet privé, d’autant plus que le pays qu’il dirige est dans le top 5 des pays les plus pauvres au monde. Les organisations de la société civile oeuvrant pour le suivi budgétaire ont récemment interpellé le président sur cette question. Mais apparemment, ce dernier n’y a fait aucun écho. Il faut aussi relever que l’Etat effectue des dépenses folles dans des postes comme les transferts et les subventions. Il n’y a qu’à citer les subventions faramineuses pour Air Madagascar et la Jirama. Elles s’élèvent à plusieurs centaines de milliards d’ariary par an.

Dans ce cas, l’on se demande pourquoi l’Etat est prompt à économiser pour des postes qui ne le valent pas vraiment, alors qu’il dilapide l’argent public dans des postes de dépenses plus que budgétivores. Cette façon de faire reflète la mauvaise gouvernance. Elle creuse également l’écart entre le train de vie des dirigeants et de leurs électeurs qui les ont pourtant propulsés à leurs places. Les dirigeants se vautrent dans le luxe, alors que la quasi-totalité des Malagasy croupissent dans la pauvreté. Les économies effectuées par l’Etat devraient ainsi commencer par des sérieuses retouches sur le train de vie des dirigeants.

Fanjanarivo