Les concombres de mer ou holothuries, les crevettes et thons… sont parmi les espèces pêchées illégalement au large des côtes de Madagascar. En début d’année, on se rappelle les protestations de la population de Sainte-Marie contre la pêche illégale et massive de concombres de mer autour de l’île. Sur cette période, plus de 200 pêcheurs et une quarantaine de collecteurs ont silloné les côtes de l’île pendant plusieurs semaines. Une embarcation pêchait jusqu’à 250 kg d’holothuries par jour. Et on ne parle pas des saisies de corail noir et des pêches illégales perpétrées par des bateaux asiatiques et dénoncées l’année dernière par des ONGs. Ces captures illégales risquent encore de s’intensifier. D’après les données de la Zone de paix et de coopération de l’Atlantique sud (ZOPACAS) incluant 21 Etats africains, le secteur de la pêche est, en effet, plus productif de plus de 500% à Madagascar par rapport à la moyenne observée dans les pays côtiers du continent. Il est plus productif de 26% en Tanzanie et de 150% en Ouganda. Ce qui veut dire que les côtes malagasy sont nettement plus intéressantes en matière de ressources halieutiques.

Dernièrement à Toamasina, le secrétaire d’Etat auprès du ministère des Ressources halieutiques et de la Pêche, chargé de la mer, Léonide Ylénia Randrianarisoa a évoqué le projet d’élaborer une politique nationale. Pour ce faire, la collecte de données est prévue être bouclée dans quelques mois. Une politique est plus qu’indispensable pour mieux définir les stocks de ressources disponibles, les exploiter de manière drable, en tirer le maximum de revenus, préserver les ressources halieutiques et les zones côtières… Notons, en effet, que des espaces côtiers comme les mangroves constituent le principal moyen de subsistance de certaines populations, comme c’est le cas des femmes des zones côtières du Sud-Ouest du pays. Les crabes, les bébés crevettes et d’autres espèces de poissons élisent domicile dans les mangroves. Si cette forêt côtière se dégrade, ces espèces sont également menacées. Or, les mangroves sont souvent exploitées pour la construction et d’autres usages. C’est ainsi que sur la côte Sud-Ouest, le projet Tahiry honko a été initié par l’ONG Blue ventures.  

Ce projet consiste en la reforestation et la préservation des mangroves, la mise en place d’une réserve marine. Les femmes et les jeunes sont des parties prenantes dans ce projet. Notons que les mangroves peuvent également stocker jusqu’à 6 fois plus de carbone que les forêts amazoniennes, l’une des plus grandes forêts dans le monde. Autrement dit, les mangroves devraient présenter un potentiel important pour le marché carbone, lequel devrait accroître la motivation des riverains à gérer ces espaces de manière durable. Outre les ressources et zones côtières à préserver et à exploiter de manière durable, la mer présente d’autres opportunités à exploiter. La ZOPACAS et ses 24 membres ont ainsi élaboré diverses stratégies relatives à l’économie bleue afin d’encadrer juridiquement les ressources énergétiques marines et de protéger les écosystèmes fragiles, par la limitation de la pêche de fond par exemple. Quant à Madagascar, le ministère a élaboré un avant-projet de loi autorisant la ratification de l’Accord relatif aux mesures du ressort de l’Etat visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.

Recueillis par Fanjanarivo