La sortie de la première promotion des femmes formées au Centre de formation professionnelle (CFP) de Tsimbazaza a été effectuée hier sous l’égide de la première dame, Voahangy Rajaonarimampianina. Et il y a quelques mois, ce centre a été pompeusement inauguré par le président de la république en personne. Soit dit en passant, ladite inauguration aurait dû être assurée sans problème par un directeur de ministère étant donné l’envergure du centre. Mais c’est seulement lors du conseil de gouvernement de mardi dernier que le projet de décret portant ouverture de ce centre a été adopté en conseil de gouvernement ! Autrement dit, le président de la république a inauguré une entité publique tout simplement fantôme car aucun texte ne l’a instituée. Il a fallu attendre le conseil de gouvernement du 14 juin dernier pour remédier à ce problème. Quoi qu’il en soit, cette situation reflète la mauvaise gouvernance du pays. Et ce n’est pas une première. En effet, la centrale thermique de 40 MW d’Antanandrano déplacée depuis à Behenjy et à Ambohimanambola, a été inaugurée par le président de la république l’année dernière, sans que cette installation n’ait été précédée d’une Etude d’impact environnemental (EIE).

Cette EIE est pourtant un passage obligé pour ce genre d’installation. Mais sous prétexte que cette centrale a été estampillée du sceau de « projet présidentiel », cette étude n’a pas été effectuée. Ce n’est pas étonnant si quelques mois après l’installation, les riverains ont déploré une forte pollution atmopshérique et une grave nuisance sonore accompagnée de secousses qui ont menacé la fondation de leurs habitations. Et si on revient sur les CFP, le conseil de gouvernement de mardi a adopté plusieurs projets de décret portant création de ces centres à Anivorano-nord dans le district d’Antsiranana, dans la commune urbaine d’Antsiranana, à Tsimbazaza dans la capitale, à Betroka et à Isoanala, deux localités situées dans la région Anosy. Ces centres sont sous tutelle du ministère de l’Emploi, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Ils dispensent des formations pour les femmes sur des domaines comme la cuisine, le jardinage, la couture, l’informatique, le français et l’anglais. Seulement, aucune mesure d’accompagnement n’est prévue pour les apprenantes.

En effet, la formation en tant que telle n’est pas suffisante pour aider ces femmes à exploiter de manière optimale les pratiques et connaissances dispensées par les CFP. Certes, elles peuvent améliorer, par exemple, le menu du ménage ou coudre des vêtements pour leurs enfants, mais qu’en est-il de l’amélioration du revenu ? La formation proposée par les CFP n’est assortie d’aucune notion sur la gestion, l’accès au financement et à des formations avancées… Mais si ces centres ne sont pas créés pour un tel accompagnement, ils devraient orienter les apprenantes vers d’autres structures dédiées. En réalité, les dirigeants implantent des projets dénués de logique de développement. Et au final, ces projets participent au gaspillage des deniers publics puisqu’ils ne répondent pas aux besoins réels de la population.