Classé Patrimoine Mondial, le Parc de Ranomafana abrite 4 fois plus d’espèces de grenouilles que l’Europe entière et le grand lémur bambou, si rare qu’on le croyait disparu au milieu des années 1980. En limite du Parc se trouvent des populations humaines parmi les plus pauvres du monde, pour lesquelles la culture sur brulis reste encore la seule pratique agricole…

Le Parc National de Ranomafana est incroyablement riche en espèces. On y recense 98 espèces différentes de grenouilles alors que toute l’Europe Occidentale n’en abrite que 24. Les villages de Vohitrarivo, Vohimarina et Sahofika, qui se trouvent en lisière du parc présentent un environnement extrêmement dégradé à cause des nombreuses cultures sur brulis qui y sont pratiquées rapporte Man & Nature.

Heureusement, dans le cas présent, la première plante qui repousse est le bambou, principale nourriture du grand lémur du même nom. C’est près d’un quart de la population (150 spécimens) de cette espèce qui se trouve hors du Parc.

Et toujours selon Man &Nature, les enjeux sont doubles. Sur le Parc lui-même, la destruction du couvert forestier est une catastrophe. Outre les plantes qui disparaissent, un tiers des 115 espèces d’oiseaux du parc et la grande majorité des grenouilles sont en effet strictement forestières.

Autour du parc, si les populations humaines restent dans la misère et sous alimentées, elles continueront à détruire la forêt. Les repousses de bambou après le feu sont elles même menacées car ces populations n’ont pas d’autre choix que de rebrûler ces terres usées dans l’espoir d’en tirer de maigres récoltes.

Les actions de terrain ont démarré avec l’engagement de la biologiste responsable du programme européen d’élevage de l’espèce pour prévenir son extinction.

Le projet Bambou Lemur est un programme tripartite regroupant l’ONG qu’elle a créée (Helpsimus), les représentants des trois villages et le Parc National de Ranomafana.

Les populations humaines sont extrêmement pauvres et les destructions

d’habitats rapportent des revenus infimes. Il existe sur ce site des produits naturels d’intérêt international (le Longoza mis en avant comme actif phare chez Dior) mais aussi des cultures à développer pour le marché local tel que le gingembre.

De surcroit, les communautés villageoises se montrent volontaires pour suivre un plan d’aménagement de la zone qui assure la conservation des grands lémurs bambou.

Aussi Man& Nature lance-t-elle un projet pour aider les populations locales à sortir de l’extrême pauvreté en mettant en œuvre un plan d’aménagement du territoire des trois villages qui permette la conservation de l’habitat nécessaire à la survie des lémurs bambou.

Les objectifs étant de trouver un équilibre entre les besoins des hommes et ceux des lémuriens afin de faire cohabiter harmonieusement communautés locales et faune sauvage en appuyant le programme scientifique en cours sur la zone (études éco-ethnologiques et socio-économiques) et en sensibilisant et éduquant les populations locales (soutien à la scolarisation des enfants du primaire) ; d’augmenter le niveau de vie des populations locales en soutenant des actions sécurisant les produits des récoltes (construction d’un silo, distribution de semences) et améliorant les rendements (formations) et en développant de nouvelles Activités Génératrices de Revenus (café et gingembre) ; et d’améliorer les conditions de vie des populations locales en développant les infrastructures (pont permettant aux enfants d’un des villages concernés d’accéder à l’école pendant la saison des pluies) et en sensibilisant à l’hygiène dans les villages (formations sanitaires et construction de latrines).