A Madagascar, l’assainissement concerne l’ensemble des interventions destinées à assurer la salubrité des zones habitées et à limiter les impacts de la pollution sur l’environnement. Il a un double objectif : préserver la santé de la population, d’une part, et d’autre part, Réduire l’impact de la pollution au milieu naturel.
Plus, rapporte Ran’Eau dans son compte-rendu de la rencontre d’échanges sur la gestion des boues de vidanges du 19-20 Avril 2016 à Toamasina, la Politique et Stratégie Nationale de l’Assainissement (PSNA) vise à organiser et à promouvoir les actions d’amélioration de l’assainissement et de l’hygiène sur l’ensemble du territoire malgache. Pour ce faire, elle doit aboutir à l’adoption d’un cadre réglementaire et institutionnel clair, à l’amélioration de la performance des services d’assainissement, aux actions de sensibilisation à l’hygiène et aux opérations de contrôle sanitaire et environnemental.
Cette politique concerne principalement la gestion des eaux usées et pluviales, déchets solides de type domestique et des excréta.
Et en creusant davantage la situation, la même source indique que La gestion des excrétas est un enjeu majeur quelque soit le milieu, urbain ou rural, la plupart de la population dispose de fosses sèches ou utilise la nature et les milieux récepteurs comme lieux d’aisance, un nombre limité de la population utilise les équipements de type fosse septique et le tout-à-l’égout. Les eaux usées et les excrétas (matières de vidange) sont directement déversés au milieu récepteur, sans traitement ; les décharges sont trop souvent « sauvages » et ne sont pas contrôlées. L’impact environnemental de ces infrastructures publiques, qui devraient faire l’objet d’étude d’impact selon la réglementation en vigueur, est mal connu.
Les statistiques actuelles montrent que la proportion de ménages qui utilisent les latrines à fosses sèches vidangeables et à fosses septiques est de 40%, le nombre de stations de traitement des boues de vidange reste encore très insuffisant vu la superficie du pays.
Le partage des responsabilités est aujourd’hui particulièrement flou : plusieurs Ministères interviennent dans le domaine de l’assainissement et leurs responsabilités se chevauchent. Les Communes, premières responsables de l’assainissement sur leur territoire, n’ont - pour la plupart - ni les compétences techniques ni les moyens matériels et financiers pour assumer ce rôle. Enfin, les Régions nouvellement mises en place sont également impliquées dans la gestion de l’assainissement.
D’une manière générale, la question de vidange des fosses, du traitement et de la valorisation des boues de vidange est encore trop rarement abordée, et encore moins résolue même en milieu urbain. Dès lors, il s’avère nécessaire et primordial de mettre en place une stratégie durable de gestion de ces boues de vidange, voire de les valoriser, sans aucun risque pour la santé humaine et l’environnement.
Par ailleurs, il est noté que certaines mesures et résolutions doivent être priorisées pour relever ce défi : une politique claire et une stratégie en termes de traitement et de gestion des boues de vidanges, une clarification du partage des responsabilités et la mise en place d’une organisation institutionnelle pragmatique et opérationnelle, et une campagne importante en termes d’information, de sensibilisation et d’éducation de la population pour le changement de comportement.