La chasse est ouverte et la traque a déjà démarré si l’on croit les déclarations des officiels sur le mandat d’arrêt concernant le sénateur de la région de Sofia. Au sein de l’exécutif, comme parmi certains de ses pairs au Sénat, on privilégie un peu trop la thèse du flagrant délit en passant sous silence la nécessité préalable de la levée préalable de l’immunité parlementaire, sans trop tenir compte de la présomption d’innocence.

C’est comme si, quelque part, on veut absolument transformer une procédure de poursuite contre un justiciable en une battue au cours de laquelle les chasseurs semblent avoir reçu pour consigne de ne pas faire de quartier ou que le suspect serait présumé coupable... L’objectif final serait alors le recours à une manœuvre d’élimination, peut-être pas physique, mais du moins judiciaire d’une tête qui dépasse parmi ces nabots braillards et obséquieux de l’arène politique actuelle.

La justice dans cette affaire semble avoir été actionnée pour agir. Sous l’inculpation d’un des « crimes contre la sûreté intérieur de l’Etat, » l’ancien chef de file de la Force d’Intervention Spéciale (F.I.S) aura à répondre des faits qui lui sont reprochés, parce qu’il avait osé prêcher ouvertement une forme d’opposition basée sur une manifestation pacifique en voulant « faire de la capitale une ville morte. » Les magistrats en charge du dossier eux, ils vont sûrement exercer leurs fonctions en toute sérénité au nom de la loi pour aboutir à la manifestation de « la vérité rien et que la vérité ».

Pour le moment les débats tournent sur l’omission de la levée de l’immunité parlementaire vis-à-vis de l’effectivité de la délivrance d’un mandat d’arrêt par le Parquet. Pour cette procédure, les circonstances à charge, évoquées en public à travers des médias, selon des observateurs proches du pouvoir, auraient pour fondement le climat suspicion engendré par la hantise de l’exploitation du marasme économique et l’état d’esprit d’une partie de la population, par des acteurs politiques taxés à tort ou à raison d’opposants. Quelques experts du Droit en général et des pratiques républicaines en particulier n’hésitent pas à mettre en exergue l’importance de tenir compte de la notion et des conditions d’existence et les éléments constitutifs du flagrant délit. Surtout que les lourdes peines prévues pour les crimes considérés vont de l’emprisonnement à un an au moins et cinq au plus ou même de la déportation et peuvent être assorties d’interdiction d’exercice de droits civiques.

A ce niveau des contradictions des points de vue sur l’affaire Lylison, les citoyens de bonne foi sans parti pris, souhaitent que le sort de sénateur réfugié, on ne sait où, ne connaisse pas le sort de ces ennemis publics que les chasseurs de primes d’une époque révolue doit ramener « mort ou vif » devant les juges, mais bien vivant pour que justice soit faite de manière équitable, quelque soit la décision de la cour.

N.Razafilahy