Les autorités se foutent éperdument du nombre des morts, dû au dérèglement climatique dans le Sud de l’île. Les impacts désastreux du changement climatique sont pourtant une réalité à Madagascar, d’autant plus que le pays est le premier en Afrique à être exposé à ce fléau. Ainsi, 600 000 personnes souffrent tous les ans d’insécurité alimentaire à la suite du changement climatique. C’est ce que le ministre de l’Environnement, de l’Ecologie et des Forêts, Johanita Ndahimananjara a déclaré hier à l’ouverture des Journées informatives sur les actions de lutte contre le changement climatique à la Bibliothèque nationale.

   Ces victimes de l’insécurité alimentaire le sont à la suite de phénomènes climatiques comme l’inondation, la sécheresse, le cyclone… Or, l’insécurité alimentaire a de nombreuses conséquences. Citons la dégradation de l’état de santé et les dépenses que cela occasionne, la chute de la productivité pour la population active, le manque d’attention et d’assimilation pour les enfants et étudiants… Bref, l’insécurité alimentaire a des impacts non seulement sociaux mais également économiques. Et si elle est chronique, elle a des fortes chances de compromettre l’avenir de la population concernée. Outre le changement climatique pourtant, il faut signaler que la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition chronique. Malheureusement, l’Etat ne bouge pas.

Si on doit ajouter ce problème aux 600 000 personnes par an, victimes du changement climatique, la situation ne peut qu’être problématique pour le pays tant pour le moyen que pour le long terme. Le ministre a également avancé que 90 000 ha de rizières étaient ensablés tous les ans, toujours à la suite du changement climatique. Et dans plusieurs régions, les paysans ne savent plus à quel saint se vouer dans la mesure où le calendrier cultural n’est plus ce qu’il est. Les journées informatives, organisées hier et ce jour, ont pour objectif de sensibiliser le public sur les effets néfastes du changement climatique.

A titre de rappel, Madagascar a ratifié en 1998 la convention internationale sur le changement climatique, mais peu de gens savent ce que c’est exactement. Or, le pays est en train de se préparer à ratifier l’accord de Paris sur le changement climatique, obtenu à l’issue de la conférence internationale sur le sujet et organisée en décembre dernier (COP 21). Autrement dit, les régimes successifs n’ont pas pris au sérieux ce problème qui pèse pourtant très lourd sur l’économie et qui va continuer à exercer de sérieuses menaces sur plusieurs secteurs.

En fait, on devrait déjà dépasser le stade de la sensibilisation et s’avancer résolument vers les actions. Mais étant donné le manque d’informations du grand public, il faut poursuivre la sensibilisation. Après les régions Alaotra-Mangoro et Atsinanana donc, c’est au tour de l’Analamanga d’abriter ces journées informatives. Notons que le changement climatique a des impacts néfastes sur de nombreux secteurs dont l’agriculture, la santé humaine, la biodiversité, l’environnement, la production hydroélectrique, les infrastructures socioéconomiques comme les barrages hydroagricoles, les routes, les constructions...  

Fanjanarivo