Ce chiffre de la direction générale des douanes montre à quel point l’économie nationale a encore du mal à s’industrialiser. En effet, l’exportation de céréales, d’épices, de fruits et légumes a totalisé 607 milliards Ar au 1er trimestre 2016. Elle arrive en tête de ligne et devance ainsi l’exportation de nickel et de cobalt (366,4 milliards Ar). Toujours dans le top 3, on retrouve le textile à la 3ème position avec 283,4 milliards Ar. Certes, les industries minière et textile talonnent l’agriculture, mais il n’en demeure pas moins que l’industrialisation est loin de gagner du terrain. Pourtant, si elle se développe non seulement dans les secteurs comme les mines et le textile, elle devrait résoudre bon nombre de problèmes. Il en est ainsi de la molle croissance du secteur agricole qui emploie toutefois plus de 70% de la population active. Rappelons que l’année dernière, le secteur n’a enregistré qu’une croissance de 0,7%, soit un taux nettement inférieur à celui de la croissance démographique. Ce qui signifie que le secteur n’a pas la capacité de sortir une bonne partie de la population active de la pauvreté et de nourrir toute la population. Une situation qui oblige le pays à importer une partie des besoins alimentaires, alors qu’il dispose de vastes terres arables et de nombreux microclimats adaptés à toutes sortes d’activités agricoles…

L’essor de l’industrialisation devrait porter sur la transformation des produits agricoles, de la pêche et de l’élevage. Ce processus créera de la valeur ajoutée et des revenus supplémentaires pour tous les acteurs de la chaîne concernée. Il devrait aussi stimuler l’exportation de produits finis. Pour l’heure, l’agro-industrie ne se développe pas beaucoup : elle a affiché une croissance de 6,6% en 2015 après un repli de 2% en 2014, suivant les données du tableau de bord économique de l’Institut national de la statistique (INSTAT). En réalité, la croissance de ce secteur est en dents de scie puisqu’elle a été de 0,3% en 2011, pour avoisiner les 30% en 2012 et plonger à 11,4% en 2013. Après la crise de 2009, l’agro-industrie a souffert de la disparition du groupe Tiko. Comme quoi, ce dernier a monopolisé ou quasi monopolisé certains secteurs, étant donné l’esprit entrepreneurial et machiavélique de son fondateur. Rappelons la détaxation dûment votée par le parlement en 2003. Elle a permis à Tiko de renforcer son positionnement sur le marché, notamment dans l’agro-industrie. Ce n’est qu’en 2012 que le secteur a repris du poil de la bête pour retomber comme un soufflé une année plus tard. Certes, il n’a pas enregistré une croissance négative en 2013 mais le recul a été très marqué, soit une régression très importante de 17,5% en une seule année.

Comme quoi, l’agro-industrie a besoin d’une stratégie claire et efficace qui devrait être élaborée de manière à ce qu’elle soit intégrée. En effet, elle ne peut se développer sans l’amélioration de la qualité des produits agricoles, des infrastructures de transport, de stockage, etc. Il fut un temps où il était question d’installer une chambre frigorifique à l’aéroport d’Ivato afin de faciliter l’exportation de produits agricoles. Mais le projet n’a pas vu le jour.

Fanjanarivo