En rétablissant la censure sournoise auprès des journalistes qu’il ne peut pas acheter, le régime s’attaque à la liberté d’expression individuelle. En interdisant les réunions, il s’en prend à la liberté d’expression collective. Les réunions publiques et réunions privées sont et seront de plus en plus étroitement surveillées, comme à l’époque des délires paranoïaques de Didier Ratsiraka qui voyait le mal partout. Toutefois, seront tolérées les réunions à caractère religieux et celles des clubs de services. Les atteintes aux libertés d’expression et de réunion opérées par le régime actuel sont aussi ringardes qu’inutiles. En effet, elles s’accordent mal avec le vent de libéralisation et l’essor des technologies modernes. Grâce à Internet, les citoyens peuvent partager des données et des points de vue de manière instantanée, à toute heure du jour et de la nuit, sans réserves ni censure, avec encore plus de liberté que s’ils exprimaient à travers un journal, une radio et une télévision. On peut déplorer la désinformation caractérisée et les dérapages verbaux sur les réseaux sociaux mais ce sera pire si nos dirigeants durcissent la répression. Le régime actuel va certainement poursuivre le recrutement de journalistes et bloggers à sa solde mais ils ne pourront jamais contenir la vague déferlante d’internautes aux opinions tranchées. Il va également étendre et intensifier ses mises sur écoutes téléphoniques mais il ne pourra pas traiter les informations recueillies. Ce n’est pas en faisant de la brutalité un mode de vie que les détenteurs du pouvoir vont obtenir l’apaisement, à défaut de stabilité. En réprimant les libertés fondamentales et les revendications légitimes, ils font tout pour faire éclore une révolution.
Phil de Fer
