Ce chiffre indique l’ampleur des dégâts occasionnés par les conséquences désastreuses du changement climatique. Vendredi dernier, lors de la série de conférences inscrites aux Journées informatives sur les actions de lutte contre le changement climatique tenues à la Bibliothèque nationale, le point focal sur la convention désertification, le Pr. Herivololona Ralalaharimanana a expliqué : « Ces 12 régions représentent plus de 30% de la superficie totale de Madagascar. Les zones concernées par la désertification s’étendent sur 49 720 km2 ou 27,8% de la superficie du pays. Si la région Alaotra-Mangoro n’était pas sur la liste en 2003, elle y est suivant la mise à jour du Plan national d’action contre la désertification de 2013 ». Cela signifie que le premier grenier à riz du pays est parmi les victimes de la désertification. Cette situation risque fort de compromettre encore plus la sécurité alimentaire au niveau national. Il faut aussi souligner que le Sud-Ouest, le Sud et le Moyen-Ouest sont parmi les zones touchées par la désertification. Au rythme actuel de ce fléau, les zones affectées pourraient comprendre jusqu’à 41% de la superficie totale du pays d’ici 2025, soit dans 9 ans seulement ! Elles s’étendront ainsi sur 75 119 km2...
La désertification apporte son lot de problèmes, à commencer par une pluviométrie faible, irrégulière et mal répartie dans le temps et dans l’espace. Résultat : on assistera à des sécheresses prolongées, notamment dans le Grand Sud de l’île, la productivité agricole baissera et l’agriculture familiale en sera la première touchée, les ménages deviendront encore plus vulnérables. Bref, l’insécurité alimentaire risque fort de s’aggraver.
Si on revient sur les statistiques, il faut rappeler que la désertification a déjà fait des ravages auparavant. De 1982 à 2010, des pics ont été enregistrés en 1985-1986, en 1991 et en 2009. Mais le record en nombre de victimes a été celui de l’année 1991 avec 780 000 personnes affectées. L’Etat a pris des mesures face à ces différents problèmes. Citons le plan d’actions évoqué plus haut et qui a été mis à jour en 2013, des actions sur de nombreux secteurs comme la biodiversité, le Plan sectoriel agriculture, élevage et pêche (PSAEP), le plan de contingence du Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC) et le système d’alerte précoce… En termes de prévention et d’alerte, le pays enregistre des avancées notables. Il a également élaboré des textes sur les normes pour les infrastructures hydroagricoles et routières, etc. Seulement, il faut encore attendre pour voir l’efficacité de toutes ces mesures.
En effet, la désertification ne cesse d’avancer alors que le Grand Sud est toujours sujet aux sécheresses répétées et prolongées. Outre les actions d’urgence, la région a donc besoin d’une stratégie digne de ce nom. Ladite stratégie a été plus ou moins dessinée lors du grand atelier organisé par le ministère de la Population dans l’Androy, il y a quelques mois de cela. Sauf que les grands travaux dont notamment les infrastructures attendent les bailleurs de fonds. Comme toujours !
Or, l’Androy regorge de ressources à même de le sortir de cette situation critique. On peut citer l’exploitation de la mer qui peut fournir de l’eau potable via la désalinisation ainsi que de l’énergie marémotrice… Il y a aussi l’énergie éolienne étant donné que cette région, avec celle d’Antsiranana, représente le plus grand gisement éolien du pays.
Fanjanarivo
