La fin de la semaine dernière a été marquée par le litige entre la commune urbaine d’Antananarivo (CUA) et le ministère d’Etat chargé des projets présidentiels, et de l’aménagement du territoire (MEPATE), concernant le marais Masay à boucher ou à ne pas boucher.
Selon la maire de la capitale, Lalao Ravalomanana, la société mauricienne Sun&Sons serait propriétaire d’une partie du marais et aurait prévu d’y construire un grand hôtel et un restaurant pour le Sommet de la francophonie qui devait se tenir en 2010, demandant ainsi une autorisation de remblayage de sa partie du marais Masay en 2008. Construction qui n’a jamais eu lieu à cause du contexte politique du pays durant cette période. C’est en vue de ce même sommet pour cette année 2016 que les mauriciens voudraient remettre leur projet en marche.
Ce que la maire d’Antananarivo a omis de préciser, c’est que l’autorisation de 2008 n’aurait été valable que pour un an. De plus, entre temps, un arrêté municipal du 07 Octobre 2015 au sujet du marais Masay qui ne peut plus être remblayé. Ce texte législatif est toujours valable jusqu’à aujourd’hui. Et enfin, selon la loi en vigueur, seul le MEPATE a le pouvoir de donner une autorisation de remblai pour un terrain dépassant les 1 000m2, ce qui est le cas ici. Les responsables du MEPATE condamnent donc actuellement ces irrégularités, renchéries par le fait que le lac en question serait un débouché des voies de canalisation des alentours du secteur. Le boucher conduirait donc à une inondation.
Aux dernières nouvelles, une procédure de dé-remblayage par le ministère responsable est en cours depuis vendredi dernier. Une partie du lac Masay est ainsi redevenue dans son état initial et le restera sauf si la guerre pour ce morceau de terrain continue.
A noter que l’actuelle maire d’Antananarivo, Lalao Ravalomanana, qui a autorisée ce remblayage n’est autre que l’épouse du président de la République durant la période initiale du projet. Et que la suspension du projet aurait été ordonnée en 2013 durant la période de transition par le président lui-même. Aujourd’hui, l’affaire se poursuit sous un autre régime. C’est à croire à se demander si ce bout de terrain, et son présumé propriétaire, ne sont devenus un bouc émissaire pour des discordes entre régimes politiques.
Nomena